Brownback : le plus « romain » des candidats à la Maison-Blanche

Publié le par Daniel HAMICHE

Caricaturé comme « sénateur de Dieu » par la presse progressiste, Sam Brownback est un homme politique américain à peu près ignoré en France. On devrait pourtant s’y intéresser car il est un des dix candidats républicains à l’investiture du GOP [1]. Si les sondages récents ne le placent pas parmi les tout premiers favoris des électeurs républicains, il est un candidat sérieux.
Né en 1956 à Garnett (Kansas), Sam Browback est sénateur républicain de cet Etat du cœur des Etats-Unis depuis 1996. Marié à Mary Stauffer, héritière d’un empire de presse de Topeka (la capitale de l’Etat) et père de cinq enfants (dont deux adoptés), sa conversion du protestantisme au catholicisme, en 2002 – qui en a surpris plus d’un dans l’“establishment” politique –, en fait, incontestablement, la figure de proue de ce que je pourrais nommer, faute de mieux, “l’intransigeantisme” moral catholique des dix candidats républicains à l’investiture. A cet égard, il tranche agréablement avec le “catholique” hypocrite Rudy Giuliani.
Ses prises de position répétées contre l’avortement, contre le lobby “gay” – dont il est le chef de file au Sénat, ayant remplacé une autre figure du catholicisme moral intransigeant, le républicain Rick Santorum, non réélu en 2006 –, contre le « génocide » au Darfour, et de manière subtile, quoique non ambiguë, contre la poursuite de l’occupation américaine en Iraq, en font certainement le plus “romain” des candidats à l’investiture (Républicains et Démocrates confondus…).
Parmi ses soutiens les plus précieux – et les plus puissants – il faut signaler Tom Monaghan, l’ancien propriétaire de Domino Pizza, qui, ayant vendu son affaire et  devenu milliardaire est aujourd’hui une figure marquante du catholicisme “intransigeant” – et financier annoncé de la campagne de Brownback – et le Père Frank Pavone, le patron de la puissante association catholique pro-Vie : Priest for Life.
Dimanche 10 juin dernier, Sam Brownback, en pleine pré-campagne d’investiture, s’adressait à Taylors (Caroline du Sud) aux membres de la National Catholic Men’s Conference [2]. Interrogé par l’un des participants si les victimes d’un viol pouvaient avoir recours à l’avortement, le sénateur Browback répondit : « Le viol est excécrable. Le viol est abominable. Mais est-il rendu plus supportable en tuant un enfant innocent ? Cela apporte-t-il une solution à la femme qui a été violée ? Nous devons protéger la vie innoncente. Un point c’est tout ».
Un discours qui n’est guère habituel dans la classe politique américaine. Pour ne rien dire de la française…



[1] Acronyme pournd Grand Old Party
(= Parti Républicain).
[2] http://www.catholicmensresources.org/

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