Une université jésuite (encore !) « crossée » par l’évêque diocésain

Publié le par Daniel HAMICHE

La Creighton University est une université catholique fondée par les jésuites en 1878 près d’Omaha (Nebraska). Elle possède un département, le Center for Mariage and Family (CMF), un centre d’études sur le mariage et la famille, avec lequel l’archevêché d’Omaha entretenait des liens très étroits et depuis fort longtemps. L’archidiocèse est nationalement réputé aux États-Unis pour son programme FOCCUS sur les relations pré-maritales et la préparation au mariage, qui est largement utilisé par les catholiques et même par de nombreux protestants…
Michael G. Lawler, professeur émérite de théologie catholique à Creighton, directeur du CMF, et un autre chercheur et enseignant de théologie de cette université, Gall S. Risch ont fait paraître, en juin dernier, un article dans le magazine U.S. Catholic, proposant une autre “approche pastorale” des relations pré-maritales, autrement dit du concubinage : « Notre proposition pastorale, écrivent-ils, est franche : revenir à l’enchaînement marital des fiançailles (avec un rituel approprié pour garantir l’engagement commun), puis du rapport sexuel, de l’éventuelle fertilité, enfin du mariage rituel afin de reconnaître et marquer la consommation doublement valide du mariage et du sacrement ». Les deux auteurs poursuivent : « Un tel processus correspondrait à l’exigence légitime, à la fois sociale et catholique, que l’acte sexuel ne doit s’accomplir que dans une relation stable »…
Neuf mois auparavant, la Cardinal Newman Society (www.cardinalnewmansociety.org), une association de laïcs catholiques qui se bat pour que le caractère propre des universités catholiques qui est d’enseigner la doctrine catholique, soit respecté, avait alerté le P. John Schelgel, président de Creighton, et Mgr Eden F. Curtiss, archevêque d’Omaha, de la curieuse théologie en matière sexuelle de Michael G. Lawler qui écrivait, en avril 2006 dans The Heythrop Journal, avec son confrère Todd Salzman, également professeur de théologie à Creighton, que « les couples homosexuels peuvent avoir des relations sexuelles qui soient naturelles, raisonnable et donc morales ». La Cardinal Newman Society déclarait que Creighton « ne pouvait pas être pris au sérieux en tant qu’université dédiée à sa mission catholique dès lors qu’elle permettait que sesarchbishop-Curtiss-Omaha.gif étudiants soient éloignés de la Foi par des théologiens dissidents (…) Un acte aussi effarant est contraire à ce qu’une université catholique est en droit d’attendre d’authentiques théologiens catholiques, étant sauve la liberté académique. Lawler et Salzman sont responsables de leurs actes, mais Creighton est responsable en les présentant comme d’authentiques théologiens ».
Mgr Curtiss ayant estimé que la coupe était pleine et que, pour tout dire, elle débordait même franchement, a pris sa plume pour écrire à U.S. Catholic que « les couples qui [concubinent] hors du mariage, vivent en fait dans un péché objectif ». L’archevêque ajoutait : « Parce que la position des auteurs est contraire à l’enseignement de l’Église sur le caractère intrinsèquement mauvais de la fornication, j’ai décidé que le diocèse d’Omaha cesse toute relation avec le Center for Mariage and Family de Creighton University ».
La Cardinal Newman Society, dans un communiqué du 21 juillet, félicite Mgr Curtiss de sa sage décision : « Nous exprimons notre gratitude à Monseigneur Curtiss d’avoir rompu tout lien avec ce centre, et surtout d’avoir rendu public sa décision permettant ainsi de prévenir les bons catholiques d’un grave scandale ».

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