Deux petites paroisses rurales du Missouri vont avoir la Messe traditionnelle

Publié le par Daniel HAMICHE

Dans son commentaire de Summorum Pontificum, Mgr Raymond Burke, archevêque de St. Louis (Missouri), sans attendre la date du 14 septembre, a pris des mesures immédiates pour faciliter l’application du Motu Proprio de Benoît XVI dans son archidiocèse. Voici quelques extraits de son remarquable commentaire : « Si d’autres demandes de célébration régulière de la forme extraordinaire du rite de la Messe se manifestent, je travaillerai avec les prêtres des paroisses à y satisfaire de manière appropriée et généreuse. Également, des cours de formation liturgique relatifs au Missel romain du Bx pape Jean XXIII seront proposés aux prêtres qui le souhaiteront. Les séminaristes du Kerrick-Glennon Seminary [c'est le séminaire archidiocésain] recevront la formation liturgique adéquateburke.jpg à la célébration de la Messe selon la forme extraordinaire. Leurs études de latin porteront aussi sur les textes de la forme extraordinaire ».
Une réception et des décisions pratiques qui tranchent singulièrement avec, disons, la “frilosité” de bien des évêques français ; mes lecteurs en conviendront…
Les fidèles de l’archidiocèse de St. Louis, encouragés par leur archevêque, n’ont pas attendu le 14 septembre, pour faire la demande de nouvelles célébrations dans la forme extraordinaire – outre celles qui étaient déjà autorisées. Un très sympathique exemple vient de nous en être donné dans un article publié par le site internet de la St. Louis Review, hebdomadaire officiel de l’archidiocèse de St. Louis (www.stlouisreview.com), par le journaliste Jean M. Schildz, sous le titre « Deux paroisses rurales s’organisent pour avoir une Messe latine cet automne ».
Ces deux paroisses, St. Joseph à Apple Creek et St. Maurus à Biehle, sont situées dans le comté de Perry, à l’est du Missouri, frontalier de l’État de l’Illinois. Ce
comté de 1 254 km2 est peu peuplé : 18 132 habitants au dernier recensement. L’abbé Anthony A. Dattilo est curé de ces deux petites paroisses qui ne sont guère éloignées l’une de l’autre.
Voici le texte de l’article qui laisse bien entendre que l’initiative de cette Messe dans la forme extraordinaire, est des paroissiens et de leur curé, sans que l’archevêque ait été préalablement consulté. Nous sommes là très exactement dans la lettre et l’esprit de Summorum Pontificum. Un exemple à suivre en France ! Et un encourageant sujet, pour fêter aussi le 101ème article publié sur ce “blogue”…

« La paroisse St. Joseph d’Apple Creek et sa paroisse sœur de St. Maurus à Biehle ont le projet de célébrer régulièrement, chaque semaine, une Messe tridentine dès cet automne.
Une Messe latine dominicale à 11 h 15 sera célébrée par rotation dans ces deux paroisses du comté de Perry, un mois chez l’une, un mois chez l’autre. La première M
esse latine doit se dérouler le 4 novembre en l’église St. Maurus.
L’abbé Anthony A . Datillo, curé de ces deux paroisses, célèbrera la Messe. Elle a été incluse à la demande de paroissiens a-t-il déclaré cette semaine à
The Review.
Sa décision d’ajouter cette Messe a rencontré « une réponse très positive » a-t-il déclaré.
L’abbé Datillo signale le grand intérêt manifesté par ces deux paroisses à avoir une célébration de la Messe selon le Missel de 1962. Des paroissiens, a-t-il déclaré ont demandé que la Messe latine soit célébrée avant même la promulgation, le mois dernier, de la lettre apostolique du pape Benoît XVI Summorum Pontificum qui autorise un plus grand usage de la Messe tridentine.

Les prêtres qui souhaitent célébrer la Masse tridentine n’ont plus besoin d’obtenir l’autorisation de leur évêque, selon la déclaration du Pape.
L’abbé Datillo a déclaré qu’il avait, ainsi que ses paroissiens, prié à cette fin. « Je considère cela comme important. C’est une tradition liturgique de l’Église qui est belle et sacrée, et je crois que beaucoup de gens ont prié pour cela. Ce n’est pas quelque chose qui est tombé du ciel. Mais je pensais que je serais un vieillard avant que cela arrive. Le Pape l’a voulu ».
La célébration régulière de la Messe latine dans l’archidiocèse, à laquelle pouvaient assister ses paroissiens, se tenait à l’oratoire St. Francis of Sales
[ministère de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre] dans le sud de St. Louis. Une Messe tridentine h
ebdomadaire dans le comté de Perry n’avait pas été célébrée depuis de nombreuses années. Les paroisses St. Joseph et St. Maurus font partie du doyenné de Ste. Genevieve de l’archidiocèse, qui comprend les territoires les plus méridionaux de l’archidiocèse.
La Messe latine dans ces deux églises sera célébrée en plus des messes dominicales ordinaires. « La Messe en anglais, ou nouvel ordo de la Messe, demeurera sans changement. Nous ajoutons une Messe, nous n’en supprimons ou n’en modifions aucune » souligne l’abbé Dattilo.
La forme ordinaire du rite romain continuera à être célébrée tous les dimanches : à 7 h 30 à Apple Creek et à 9 h 30 à Biehle.
L’abbé Dattilo déclare qu’il aime la Messe dans ses deux rites, en anglais et en latin. Il voit la valeur des deux. Les deux co-existent, dit-il. « Les gens veulent les deux ».
Ce qui l’a attiré vers le rite latin c’est « le grand respect qu’on y trouve.
Tout y est tellement dirigé vers Dieu. Pour autant que je sache, cela pourrait se faire en n’importe quelle langue ». Il apprécie aussi le silence pendant la Messe, ajoutant « qu’on y rencontre le mystère de la foi ».
Il aime la forme ordinaire de la Messe à cause des chants, de la participation de l’assemblée et parce qu’elle est dite en anglais « pour des gens qui ne comprennent pas le latin ou qui n’éprouvent aucune affinité à son endroit ».

Un Comité pour la Messe traditionnelle a été créé par l’abbé Datillo afin de l’aider à l’introduction de la Messe latine. Les membres en sont Charlie Malawey de St. Maurus et Lloyd Connour de St. Joseph.
Le prêtre, âgé de 45 ans, avoue qu’il va lui falloir « réviser sa Messe », comme il l’a confié dans un récent bulletin paroissial. L’abbé Datillo dit qu’il avait appris des
parties de la Messe voici bien longtemps, et que désormais il va devoir la réapprendre. Ordonné en 1990, c’est alors qu’il était encore séminariste qu’il assista à sa première Messe tridentine à St. Agatha dans le sud de la ville de St. Louis. La Messe était célébrée par Monseigneur Bernard E. Granich. « C’était la première fois que je voyais quelqu’un célébrer la Messe tridentine. C’était très beau » se souvient-il.
L’abbé Dattilo à le projet de se former à ce rite et il a découvert des ressources très utiles sur internet.
Des missels et des manuels pour servants de Messe ont été achetés chez Ecclesia Dei de Chicago [1] pour leur permettre de se former. On apprend, dans ces derniers, comment, par exemple, prononcer phonétiquement les prières en latin. À St. Maurus, c’est un paroissien qui avait servi la Messe latine dans sa jeunesse, qui va aider à cette formation. Une autre paroissienne de St. Maurus s’est portée volontaire pour être chantre. L’abbé Dattilo espère que, des deux paroisses, d’autres la rejoindront pour constituer un c
hœur.
Les deux églises paroissiales sont adaptées à la Messe latine, ajoute-t-il, « car ce sont des églises à l’ancienne ». Très peu de changements seront nécessaire, dit-il. »


[1] Il doit s’agir de la Coalition Ecclesia Dei in Support of the Latin Mass of the Roman Rite (www.ecclesiadei.org/index.html) dont le siège est dans l’Illinois et qui diffuse, en effet, du matériel imprimé destiné à la célébration de la forme extraordinaire.

Commenter cet article

Jean Michel Roulet 23/08/2007 12:46

Bonjour,Simple message pour vous féliciter pour ce blog.Vraiment très, très intéressant ...Bravo !