Un évêque américain sanctionne un théologien dissident

Publié le par Daniel HAMICHE

Mgr Edward K. Braxton (photo)Edward-K.-Braxton.jpg ne flanchera pas. L’évêque de Belleville (Illinois), diocèse qui couvre le sud de l’État, et est frontalier avec le Missouri et le Kentucky, a décidé de ne pas revenir sur sa décision prise en octobre dernier de ne pas permettre qu’un théologien, qui ne saurait passer pour un parangon d’orthodoxie, vienne prononcer une conférence prévue pour le 20 avril prochain au Newman Catholic Student Center de la Southern Illinois University Carbondale. Le Newman Catholic Student Center est en effet financé par le diocèse de Belleville, et l’évêque « ne souhaite pas que des institutions ou organisations catholiques invitent dans le diocèse des orateurs qui ont écrit des articles ou donné des conférences qui s’opposent, nient, rejettent, sapent ou mettent en question l’enseignement authentique du magistère de l’Église catholique ». L’orateur, en l’occurrence, n’est pas n’importe qui puisqu’il s’agit de Luke Timothy Johnson (photo). Ce nom ne dira sans doute pas grand choseLuke-T.-Johnson.jpg à mes lecteurs, mais cet universitaire, né en 1943, professeur de théologie et d’exégèse, est l’auteur d’une œuvre prolifique très apprécié des cathos de gauche américains. Cette très brillante intelligence ne professe plus, depuis longtemps, l’orthodoxie catholique : il est pour la contraception, pour l’ordination des femmes (y compris à l’épiscopat), et très dialectiquement  gay friendly – je ne traduis pas, chacun comprendra – comme en témoigne son article « Homosexuality & the Church » dans Commonweal (15 juin 2007), le bimensuel “catholique” new-yorkais d’une franche hétérodoxie. Il faut dire que l’homme qui fut moine bénédictin en 1963 puis ordonné prêtre – jusqu’à ce qu’il soit réduit à l’état laïc en 1972 – est aujourd’hui marié, père d’un enfant et beau-père de six autres que son épouse avait eus d’une précédente union… Voici donc un théologien qui met en pratique ses idées. On admettra sa cohérence sans pour autant tolérer son hétérodoxie. L’évêque Braxton était donc tout à fait fondé à prendre la décision qui s’imposait mais qui lui vaut d’être violemment attaqué par l’intelligentsia progressiste. Le quotidien Belleville News-Democrat lui a consacré, dimanche 24 février, un article critique titré : « La décision de Braxton d’interdire un orateur c’est de la censure ». Nous sommes assez habitués en France à ce type de rhétorique de gauche pour comprendre à qui nous avons affaire dans le cas qui m’occupe aujourd’hui…
Une anecdote pour finir. J’ai rencontré Mgr Edward Braxton en août 2000 à St. Louis (Missouri), dont il était alors évêque auxiliaire de cet archidiocèse, lors d’un dîner de gala. Et ce ne fut pas une mince surprise pour le catholique français habitué à notre “grisaille” ambiante, de voir arriver cet Afro-Américain de grande taille, habillé d’une soutane filetée de violet et revêtu d’un  ferraiolo de même couleur… La discussion fut des plus agréable.

Publié dans épiscopat

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Maurice Jean 02/03/2008 17:49

Il me semble qu'on a vu pire à Notre-Dame il y a quelques années.

JP Guyonnet-Dupérat 83000 TOULON 27/02/2008 22:25

Bravo et Merci à Mgr. Braxton pour sa fermeté. Bravo à tous les Rey, Cattenoz, Centène, Le Gall évêque aux armées et Braxton qui ne sont pas des chiens muets !!! Et surtout qui sont scrupuleusement fidèles à Pierre.