L'évêque de Salina, l'Integrated Humanities Program et la communion sacramentalelle aux politiciens pro-avortement

Publié le par Daniel HAMICHE


Dans son blogue Cælum et Terra, Philippe Maxence, nous fait découvrir (caelumetterra.hautetfort.com) le second (peut-être devrais-je écrire deuxième…) évêque américain qui, comme son confrère James D. Conley, tout récemment nommé auxiliaire de Denver (Colorado), est passé par l’Integrated Humanities Program (IHP) de l’Université du Kansas. Il s’agit de Mgr Paul S. Coakley, évêque de Salina (Kansas). Félicitations à Philippe Maxence pour cette nouvelle trouvaille !
Év êque de Salina depuis le 21 octobre 2004, Mgr Coakley est né le 3 juin 1955 à Norfolk en Virginie, mais a été ordonné diacre (1982) puis prêtre (1983) pour le diocèse de Wichita au Kansas.
Le diocèse de Salina était, jusqu’en 1944, situé à Concordia – un diocèse qui fut érigé en 1887. Il s’étend sur 70 000 km2, recouvre 31 comtés et compte 88 paroisses. La population catholique s’élevait, en 2007, à près de 48 000 âmes (14,7 % de la population du territoire diocésain) et elle est servie par 64 prêtres diocésains et dix prêtres réguliers.
Sur le site du diocèse (
www.salinadiocese.org) on verra que Mgr Coakley insiste, dans sa biographie, sur son passage par l’IHP, et avoue qu’il a songé devenir moine à Fontgombault… Autre détail d’intérêt, la présence d’une fleur de lys d’or dans son blason héraldique, symbole, certes, de la Vierge Marie dont l’évêque est un dévôt – il organise un pèlerinage diocésain à Lourdes cette année… –, mais aussi et explicitement représentant le Lys de France, en mémoire de sa maman (décédée en 1988) et qui était d’origine française…
Mgr Coakley est non seulement un ardent militant pro-Vie, mais il fait aussi partie de ce groupe d’évêques américains résolus à refuser la communion sacramentelle aux politiciens catholiques pro-“choix”.

J’ai retrouvé, sur le site de Life Site News (www.lifesitenews.com) un entretien que ce mouvement pro-Vie a eu avec Mgr Coakley lors de la Marche nationale pour la Vie de Washington de janvier 2007, où l’on ne compta pas moins de 37 évêques. Vous lirez, ci-dessous, la traduction d’une partie de l’entretien. J’illustre cet article de deux portraits de l’évêque : l’officiel, bien sûr, et un second pris pendant la marche de 2007 à Washington où Mgr Coakley arbore un béret basque dont on veut croire qu’il l’a acheté lors de son séjour en France… Autre image d’intérêt, la bannière du diocèse de Salina lors de cette même marche à Washington.

*

Q. Depuis combien d’années participez-vous à la Marche pour la Vie ?
R. Je crois que c’est la cinquième.
Q. Et vous êtes évêque depuis combien d’années ?
R. Depuis deux ans. Je suis du diocèse de Salina. J’ai été ordonné et installé le 28 décembre 2004 en la Fête des Saints Innocents que j’ai choisie avec toute intention. Je suis venu avant à cette Marche en tant que prêtre.
Q. Donc vous êtes très impliqué dans cette cause pro-Vie ?
R. Je l’espère bien, en effet. En tous les cas j’essaie.
Q. Magnifique. Que pensez-vous de la situation présente dans notre pays à cet égard ? Avez-vous une idée de là ou nous sommes et de ce qui devrait être fait ?
R. Je crois que nous devons avancer pas à pas et travailler sur tous les fronts. Assurément, comme responsables d’Église – prêtres, curés, évêques – nous sommes d’abord préoccupés par la conversion des cœurs, à gagner les gens à l’Évangile de la Vie, mais en même temps nous devons nous impliquer activement dans le débat public en travaillant sur tous les fronts en présence afin de faire passer des lois justes qui favorisent la cause de la vie, de toute vie ; protéger tout particulièrement la vie innocente est une exigence première. […].
Q. Une question difficile. Un des problèmes principaux, concernant les catholiques, est celui des politiciens catholiques qui mettent en place plus de financement et plus de droit à l’avortement, et qui tentent de redéfinir le mariage. Ils estiment ne rien faire de mal dans la mesure où ils n’ont reçu aucune sanction significative pour leur comportement public et obstiné, même après qu’ils ont été avertis par leurs responsables religieux ou le curé de leurs paroisses que ce qu’ils faisaient était mal. Est-ce qu’on devrait faire davantage à leur encontre ?
R. C’est une question difficile et provocante. Mais je pense que vous avez raison. C’est un scandale que tant de politiciens catholiques, qui possèdent un si grand pouvoir pour influencer notre nation pour le bien, refusent la responsabilité qui provient de ce pouvoir […] C’est triste, comme vous l’avez remarqué, que beaucoup de nos politiciens catholiques aient été au premier plan dans la promotion des prétendus droits à l’avortement. Je pense que beaucoup d’évêques prennent la chose très au sérieux et s’efforcent, comme c’est leur devoir, de les rencontrer en tête à tête pour les former afin de les aider à prendre conscience des conséquences de leurs actes et ce qu’ils vont entraîner d’abord pour leur santé spirituelle, pour le salut de leur âme, et pour leur pleine communion avec l’Église.
Chaque évêque doit relever ce défi et je me garderai bien de porter un jugement sur un quelconque de mes frères évêques. J’ai mes propres problèmes chez moi, mais je pense que nous nous efforçons de prendre cette affaire très au sérieux parce qu’elle est devenue une source de scandale.

Q. Quelques évêques […] ont dit que les choses en étaient arrivées à un tel point aujourd’hui qu’ils refuseront la Communion à ces personnes […]. Qu’en pensez-vous ?
R. Je suis d’accord. Je pense qu’il faut cependant déterminer à quel point on peut être sûr d’avoir affaire à des personnes qui sont dans un état de refus obstiné de reconnaître un péché grave et manifeste. Je pense que nous avons l’obligation comme évêques et comme curés d’essayer de les aider à convertir leurs cœurs. Leur refuser la Communion ne devrait probablement pas être la première mais l’aboutissement d’un processus grave.
Q. Donc ce n’est pas quelque chose que vous excluez ?
R. Oh ! absolument pas. Je crois que c’est quelque chose que le Droit canon sanctionne et c’est pourquoi j’estime que de nombreux évêques n’ont pas d’autre choix que de prendre cette décision. Je pense que dans de nombreux cas c’est devenu la bonne décision et le seul choix.

Publié dans épiscopat

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