Le vote catholique et Obama : du n’importe quoi…

Publié le par Daniel HAMICHE


La “déferlante” de sondages qui submerge chaque jour des États-Unis semble décidément plus destinée à troubler les électeurs qu’à fournir aux observateurs que nous sommes des outils d’évaluation. Il convient donc de les prendre cum grano salis pour deux bonnes raisons. La première, c’est que la plupart de ces sondages sont commandés et financés par les gros médias “politiquement corrects” qui sont idéologiquement et pour les trois-quarts aux mains de la gauche progressiste : on ne me fera pas croire que des “résultats” qui vont toujours dans le même sens – et avec parfois des “différentiels” ahurissants entre les deux principaux candidats – ne sont pas biaisés… C’est d’autant plus évident que le QG de campagne d’Obama commence à mettre en garde contre des “résultats” trop favorables au candidat démocrate et qui ne risquent rien moins que de “démobiliser” l’électeur potentiel. La seconde, c’est que ces sondages se sont copieusement “plantés” dans le passé.


En 1976, les sondages de septembre donnaient Jimmy Carter l’emportant largement sur Gerald Ford par 15 points. Le vote populaire donna certes un avantage à Carter, mais il ne l’emporta que par 50,1 % contre 48 % pour Ford.
En 1980, à quelques jours du scrutin, les sondages donnaient Carter gagnant sur Reagan par 45 % contre 42 %. Le vote populaire porta massivement ses suffrages sur Reagan qui l’emporta de presque 10 points sur Carter (51 % contre 41 %).
En 1984, encore à quelques jours du scrutin, les sondages donnaient certes Reagan vainqueur de Mondale : 4 points pour les uns, 9 points pour d’autres, et jusqu’à 13 points chez les plus téméraires. Le résultat fut la victoire la plus écrasante de toute l’histoire des élections présidentielles aux États-Unis : 58,8% contre 40 %, presque 19 points !
En 1988, toujours à quelques jours de la consultation, les sondages donnaient un léger avantage à George W. H. Bush sur Dukakis : 45 % contre 43 %. À la finale, Bush père l’emporta sur Dukakis par près de 8 points d’avance (53,4 % contre 45,6 %).
En 1992, tous les sondages donnaient évidemment Clinton vainqueur de Bush par 46 % contre 31 % pour les uns, par 47 % contre 35 % pour les autres. Le résultat fut plus modeste pour Clinton et moins désastreux pour Bush : 43 % contre 37,7 % (la candidature de Ross Perot ayant “siphonné” 18,9 % des électeurs de Bush…).
En 1996, les sondages annonçaient une victoire écrasante de Clinton sur Bob Dole : 55 % contre 33 %, 22 points ! La victoire fut plus modeste : 49 % contre 40 %.
En octobre 2000, les sondages donnaient Al Gore vainqueur incontestable de Bush : 45 % contre 39 %. On se souvient que le résultat se joua dans un mouchoir de poche et au profit de Bush (même s'il ne l'emporta pas dans le vote populaire).
En 2004 enfin, les derniers sondages donnaient Bush et Kerry au coude à coude – la plupart donnaient même Kerry l’emportant de 10 points dans quinze États “bascules” (Swing States) . Le vote populaire donna 2 points d’avance à Bush
Prudence donc, et circonspection. Deux qualités qui relèvent du bon sens et du sang-froid et particulièrement lorsqu’il s’agit des intentions de vote de l’électorat catholique comme on va le voir.
Le dernier sondage Zogby sur ce segment de l’électorat remonte à deux jours (mercredi 22 octobre) et affirme qu’Obama l’emporte sur McCain dans les intentions de vote de l’électorat catholique de 12 points ! Le sondeur est même très précis : 53,7 % des sondés disent vouloir voter pour Obama, mais 41,5 % seulement pour McCain. C’est précis jusque dans les décimales… Le problème, c’est… l’échantillon lui-même, car en y regardant de plus près ont apprend que le nombre des sondés par téléphone pour ce mirobolant résultat, n’était que de… 384 adultes catholiques ! C'est un peu court jeune homme, pourrait-on dire…

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Jean Theis 26/10/2008 16:25

1) Je ne sais pas ce que signifie granos salis.  Prudence ?2) Les deux candidats sont aussi mauvais l'un que l'autre dans leur genre.3) Admettons que nous ayons une préférence pour McCain, le fait d'être un héros vous donne-t-il des qualités de gouvernance ?

L. Chéron 26/10/2008 15:48

"...qui ne risquent rien moins que de “démobiliser” l’électeur..." Sans doute voulez-vous dire "rien de moins que". C'est un contre-sens courant.Rien de moins que = tout à faitRien moins que = pas du tout.