Notre Dame. La “grosse ficelle” de la Maison Blanche

Publié le par Daniel HAMICHE


Pour la deuxième fois depuis le début de “l’affaire”, la Maison Blanche intervient publiquement dans le débat. La première fois, c’était pour déplorer la décision de Mary-Ann Glendon (ici). Cette fois-ci, c’est l’attaché de presse de la Maison Blanche, Robert Gibbs, qui livre ses “réflexions” à ABC (et que reproduit Catholic News Agency d’avant-hier). Il faut bien comprendre que toute l’administration d’Obama est truffée de gens qui ont fait leurs preuves comme agitateurs politiques, la plupart à l’extrême-gauche de l’échiquier politique. Ils sont rompus au mensonge et à la dialectique. Gibbs fait partie de ces gens-là.
Il commence par affirmer qu’il n’y a « qu’un seul groupe » qui organise le boycott à la venue d’Obama. C’est évidemment faux : la « coalition » Notre Dame Response regroupe 11 associations estudiantines, sans compter les nombreux professeurs tant religieux que laïcs qui font partie du vaste mouvement de protestation. Il ajoute qu’à sa connaissance « 23 groupes se sont manifestés pour soutenir l’invitation faite au Président ». Sans doute, mais que représentent les Démocrates du Collège, l’Association des Étudiants Africains, le Club Espagnol… De toutes les manières, le nombre de « groupes » ne fait rien à l’affaire. Cette dernière coalition a fait parvenir une lettre de soutien au P. Jenkins, tout à fait révélatrice du bon usage de la dialectique révolutionnaire. La lettre critique « ceux qui préfère diviser que de travailler ensemble sur des thèmes communs et pour le bien commun ». Ceux qui protestent contre la division provoquée chez les catholiques par la décision du P. Jenkins, sont des… « diviseurs ». Admirable ! La lettre poursuit : « Nous sommes préoccupés qu’on réduise le cœur du problème à la seule question de la vie ce qui s’est révélé univoque et facteur de division, beaucoup ayant perdu la capacité de reconnaître les autres aspects de l’œuvre du Président Obama qui continue de maintenir les principes de justice et de solidarité ». C’est évidemment ne pas comprendre que la question du droit à la vie est central et fondamental puisque tous les autres droits découlent de lui. Si vous n’avez pas le droit à la vie, à quoi donc pourrait bien vous servir un droit au travail, au logement, à l’eau pure, etc.
Gibbs ose prétendre que « 97 % des étudiants » soutiennent la décision du P. Jenkins. C’est encore faux. En vérité, sur les 95 futurs diplômés qui se sont exprimés dans le journal des étudiants, The Observer, 97 % soutenait sa décision. Mais que représentent ces 95 futurs diplômés sur les 2 900 qui vont aussi recevoir leur diplôme ce dimanche 17 mai ! Gibbs est un rigolo. Il cite encore un sondage que j’ai moi-même évoqué ici. En quoi un tel sondage vaudrait-il aval de la valeur morale de l’invitation ? Et Gibbs se garde bien de préciser que chez les catholiques pratiquants interrogés, on est majoritairement hostiles à cette invitation…
Tout cela est assez clair. Le boulot de la Maison Blanche consiste à s’appuyer sur les catholiques les moins “identitaires” (ceux qui ont voté pour Obama) pour les opposer aux catholiques qui savent ce que c’est que d’être catholique, c’est-à-dire entretenir la division des catholiques entre eux, et à séparer le peuple catholique de ses évêques (dont on note que les déclarations de Gibbs ne pipent mot, comme si la protestation de plus de 80 évêques ne comptait pas).
J’avais déjà évoqué cette possibilité ici. il me semble qu’elle se confirme.





Publié dans L'affaire Notre Dame

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