Vers la fin du mariage aux États-Unis ?

Publié le par Daniel HAMICHE


Il fallait s’y attendre. Le débat – et même le conflit – sur la nature du mariage et sur la question du “mariage” entre personnes de même sexe aux États-Unis offre à quelques intellectuels l’occasion de démontrer toute la puissance de leur dialectique.
Ce matin, sur CNSNews.com, le très célèbre Doug Kmiec, professeur de droit à la Pepperdine University – cet universitaire “catholique” qui fut un des plus bruyants soutiens d’Obama lors de la campagne présidentielle –, a proposé tout simplement une loi de “dérégulation” du mariage par les États américains pour sortir d’un débat sans issue selon lui. Pour Kmiec, l’État ne reconnaîtrait plus l’union de deux personnes comme un « mariage » au sens ordinaire, mais comme un simple « permis civil » – du type permis de conduire, ou permis de construire. Selon lui, ce « permis civil » permettrait à l’État de se dégager du « mariage business » tout en se garantissant un minimum de contrôle relativement aux questions d’impôts et de propriété. Les gens qui souhaiteraient vraiment un « mariage » au sens religieux pourraient donc le contracter dans une quelconque « dénomination » sans que l’État s’en mêle et sans que ces « dénominations » puissent être poursuivies pour refuser, par exemple, de “marier” des personnes du même sexe. Pour Kmiec « la question de qui peut ou ne peut pas se marier serait entièrement déterminée par votre communauté de foi volontairement choisie ». Je redis la chose, de crainte que cela ait pu vous échapper en raison d’une lecture rapide, Doug Kmiec est un “catholique”…
Compte tenu de la notoriété de celui qui la profère, cette proposition de loi qui, voici vingt ou trente ans aurait fait hausser les épaules, ne doit pas être prise par-dessus la jambe. Dans l'état où en est la société américaine – et la nôtre – la chose devrait susciter un large débat. On y reviendra.



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Kevin 01/06/2009 21:32

C'est une véritable leçon de perdre du temps jusqu'au moment du jugement.

Boris 30/05/2009 11:17

" S'il s'agit d'un " permis de se marier " " (Perpétue, Com2)" 3. le mariage comme un contrat " (Jean, Com5)" Dès lors, les liens familiaux ne sont pas d'ordre contractuel, ils ne sont pas malléables à merci. " (Mgr Podvin, cf. Le Salon Beige)" "Il y a comme un piège derrière le concept de projet parental, qui ramène l’existence de l’enfant au regard des parents" (...) Mais la question va au-delà, et interroge l’instrumentalisation du corps, même à titre gratuit, ou le fait de dresser un contrat sur un enfant, établissant entre lui et ses parents un rapport de propriété. "(Pasteur Rivaud,cf. E-Deo)De tous ces raisonnements émanne sans cesse l'idée que les relations humaines se résument à des contrats, officiels ou officieux.Or les liens de la Famille sont bien plus que des contrats. Et en premier lieu le Mariage libre et volontaire entre les époux puisqu'il doit devenir comme un modèle des relations interpersonnelles entre les enfants et leurs parents, à l'intérieur de la fraterie, ...Si on part de la base : le lien entre frères et soeurs, on voit facilement que ce lien est tout sauf un contrat. Il en va de même pour le lien entre parents et enfants : accueillir un enfant ce n'est pas l'acheté au supermarché pour élargir ses possessions personnelles. Et combien plus se marier ne se résume à vivre ensemble et profiter d'avantages pécuniers.Un enfant est une personne : on ne le fait pas, il se construit tout seul. La Maman ne fait rien pendant la grossesse : elle le nourrit et le berce. Ce sont les 2 demi-cellules de basent qui engendrent tout le reste. Lors de l'accouchement, tout ce qui n'appartient pas au corps de la Mère est éjecté : le bébé lui-même, le liquide amnyotique, la poche placentaire, le placenta. Les échanges entre la Mère et l'enfant se font par le placent coté bébé et par l'endomère coté Mère.Il me semble important de rapperler cette biologie pour parler du mariage dont la finalité est de constituer des familles.Mais ces familles peuvent être spirituelles en cas d'impossibilité biologique.La notion de contrat interdit cette conception de la famille confrontée à la stérilité d'un des membres du couple. Dans un contrat, les 2 parties s'engagent à réaliser leur partie. Si le contrat ne l'interdit pas, une des parties peut faire appel à un sous-traitant (PMA, mères-porteuses, FIVE, mais aussi avortement, contraception, ou encore [pseudo-]Education National, ...).La relation humaine ? Exit !Dans les entreprises, nous ne sommes que des ressources, humaines certes, mais des ressources comme telle ou telle machine de production ou la machine à café.Pourquoi en serait-il différemment dans la famille ?Il n'y a que des ressources : si elles ne conviennent pas, on les changent (divorce, avortement, euthanasie). Si elles ne sont pas performantes, on paye pour qu'elles le deviennent (boites à Bac, "psy", ...).Ainsi, pour remplir un contrat, il suffit que les contractants réalisent leurs engagement définis dans le dit contrat.Mais la Famille ce n'est pas cela.Le Mariage est le don de sa vie à l'autre non pas dans le but de seulement vivre ensemble mais de se multiplier biologique et surtout spirituellement (n'oublions pas tout de même le péché des jeunes époux Martin comprenant la chasteté comme l'abstinence même dans le mariage).Il faut aussi relire la Genèse II.24 : "C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair."Or qui mieux que l'enfant ayant 50% du matériel génétique de chacun de ses parents est la meilleure réalisation de ce "une seule chaire" ?Comment des couples de même sexe peuvent-ils réaliser cela ? (mécaniquement) Impossible !Encore une fois, nous ne pouvons que constater que l'Eglise a raison de proclamer depuis toujours que le Christ rend plus humain.

j-paul 30/05/2009 05:31

Bon, admettre ça au nom d'un raisonnement qui dit qu'il faut laisser faire car de toute manière ils ne sont pas chrétiens, c'est une lâcheté, c'est abandonner le combat et le principe des deux glaives qui ont régi les rapports de l' Eglise et de l'état quand l'Etat était encore Chrétien..  Avec ce même raisonnement , on pense qu'il faut attendre que les enfants soient majeurs pour choisir leur religion , en attendant, pour le "respect" de leur "liberté" , les laisser dans le camp du diable.NON.

Geneviève 29/05/2009 16:00

Je récuse le terme de polémique dans le ton du blog ! Pour une fois qu'un journaliste n'hésite pas à tremper sa plume dans l'acide pour dénoncer cette ignominie ! Dans le cas de ce post, arrêtez-moi si j'ai compris de travers - il ne s'agit pas de mariage mixte entre deux personnes de sexes opposés mais de dénoncer la perversité de ce monsieur qui souhaite que l'Etat se dédouanne sur une dénomination religieuse pour accepter le mariage entre deux personnes de même sexe ! En France fort heureusement la parodie de Bègles entre "les mariés" escrocs" s'est terminée sous les verrous ! Je regretterai toujours mon soutien mou et frileux à la super chanson "coup de gueule" de Roger Martineau "Joyeux Noël Mamère" !...

Geneviève 29/05/2009 15:41

Tout d'abord il n'y a rien de polémique dans le ton ! Pour une fois qu'on a un journaliste qui a du piquant dans son écriture car les faits publiés méritent bien la plume dans l'acide !  Dans ce post il ne s'agit pas de mariage mixte entre catholiques et protestants de sexe opposés mais plutôt -dites-moi si je comprends à l'envers -du souhait de ce Monsieur Kmiec  que ce soit  "la communauté de Foi" à laquelle appartiendrait un des contractants de cette ignoble parodie de mariage de même sexe qui leur permettraient de se marier en toute impunité en leur donnant leur "bénédiction" et sans que l'autorité civile  ne s'y oppose et que ce ne soit qu'une formalité admnistrative ! Là il y a vraiment matière à scandale ! En France fort heureusement l'affaire de Bègles s'est terminée sous les verrous pour les deux "mariés" escrocs ! Je regretterai toujours mon soutien timide à la super chanson coup de gueule de Roger Martineau "Joyeux Noël Mamère " !