« Nous avons un président Vatican II. Barack Obama » : la dernière des jésuites américains…

Publié le par Daniel HAMICHE


« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » écrit La Fontaine des animaux accablés par la peste dans sa fable célèbre. De quel accablement mental (sous la forme particulière de cécité intellectuelle), ont été frappés les jésuites américains pour nous asséner, à jet continue, d’ineptes réflexions. La dernière vaut son pesant de peanuts, et s’étale dans la livraison du 25 mai de l’hebdomadaire des jésuites américains America, l’organe « des catholiques qui pensent » (les chevaux sans doute…), selon l’auto-publicité du journal.
Le P. John W. O’Malley, S.J., professeur de théologie à la Georgetown University, a écrit un livre, que je n’ai pas lu : What happened at Vatican II, qu’est-ce qui s’est passé à Vatican II, et publie dans ladite livraison un article titré « Barack Obama and Vatican II » et sous-titré « The president’s persona and the spirit of the council », le personnage (au sens psy) d’Obama et l’esprit du concile. Tout l’intérêt de la lecture de cet article est de me dispenser de l’envie de lire le livre d’O’Malley
Voyez ce qu’ose écrire O’Malley :
« Nous avons un président Vatican II. Barack Obama, j’en suis convaincu, ne se pense pas lui-même en ces termes, mais quand j’ai entendu son allocution à Grant Park (Chicago) le soir de son élection [4 novembre 2008], et plus récemment celle de la cérémonie de remise des diplômes à Notre Dame, c’est ce qui m’a immédiatement frappé. Dans ces deux occasions il a incarné et publiquement professé dans sa personne publique l’esprit du concile ». L’esprit du concile ! Mais qu’est-ce donc que « l’esprit du concile » ? Écoutons O’Malley glissant sans trop de finesse de la doctrine à la lexicologie : « Le concile s’est exprimé dans un style nouveau, un style différent de tous les précédents conciles. Il évita les mots impliquant la punition, la surveillance, l’hostilité, la méfiance et la modification de comportement imposée par les précédents conciles. Il a employé des mots qui épousaient un nouveau modèle pour le comportement des chrétiens (…), un nouveau vocabulaire conciliaire. Je fais référence aux mots comme frères et sœurs, coopération, partenariat, famille humaine, conscience, collégialité et, tout particulièrement, dialogue (…) Ce nouveau vocabulaire a fait du concile un des plus grands événements linguistiques dans l’histoire de l’Église ». Il faut se pincer pour y croire…
Et Obama là-dedans ? « C’est pourquoi, quand j’ai entendu les deux allocutions, j’ai été frappé de constater combien il parlait en accord avec l’esprit de Vatican II. Dans ces deux allocutions, de même que dans ses autres discours, il en appelle à la politesse, à la fin des insultes et à la volonté de travailler ensemble à nos problèmes communs, y compris l’avortement, plutôt que de se camper dans nos certitudes sans en évaluer le coût pour le bien commun ».
Bon, j’arrête ici cette traduction parce que les boyaux me remontent à la glotte. O’Malley est un damned and a dirty rat (en français de tous les jours : un con et un salaud). O’Malley est incapable de mettre dans la colonnes de gauche le vocabulaire rhétorique d’Obama et dans la colonne de droite ses actes… Je lui dédie mon poste suivant… Et vous jugerez ainsi, ami lecteur, à quel type de canailles O’Malley doit être assimilé.



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Jean 05/06/2009 00:58

Votre commentaire me fait penser à celui de Guy Millière (ci-dessous) abordant notamment la question de la fascination pour Obama. Le Messie Barack n'est probablement que l'élément déclencheur, cette dérive ne doit pas dater de son élection. Il faut croire qu'une certaine lecture politique a orienté vers une certaine lecture théologique, pour le moment en matière de théologie morale, demain ...Lors des conférences de presse de Bush à la Maison Blanche, il y avait des journalistes pugnaces, souvent hostiles. Lors des conférences de presse d’Obama dans les mêmes lieux, il y a, cela crève les yeux, des disciples venus écouter leur gourou. C’est, peut-être le plus inquiétant : quand ce qu’Edmund Burke a appelé le « quatrième pouvoir » cesse de jouer son rôle, les autres pouvoirs sont en roue libre et peuvent avancer vers le précipice sans que personne ne soit en mesure d’appuyer sur les freins

yves 03/06/2009 22:15

Pourtant, j'avais cru comprendre que vous aviez presque autant de haine pour le concile que pour Obama...

Saint+Michel+Archange 03/06/2009 21:28

belle indignation justifier!!!Bravo!!!

bl 03/06/2009 18:58

Je suis un nouveau lecteur d'Americatho. C'est un bonheur de lire les indignations de DH. Bravo et merci.