Nouvelle agression du Connecticut contre l’Église. L’évêque intente un procès à l’État

Publié le par Daniel HAMICHE


Les agressions politiques, législatives ou judiciaires contre l’Église catholique ne se comptent plus aux États-Unis. J’ai sous le coude de nombreux dossiers que je vais tenter de vous communiquer cette semaine.
La plus “cocasse” – mais fort dangereuse – agression, est venue tout récemment, une fois encore, de l’État du Connecticut qui s’est déjà, à plusieurs, reprises, signalé à notre attention (voir ici, ici, et encore ).

Le 23 avril dernier, le diocèse de Bridgeport (Connecticut) dont l’ordinaire est Mgr William E. Lori (photo), recevait une lettre provocatrice de Thomas K. Jones, agent de la mise en application de la déontologie du bureau éponyme de l’État (OSE, Office of State Ethics), annonçant qu’une « évaluation était en cours pour déterminer si le diocèse n’avait pas violé [la loi du Connecticut] par manquement à s’être enregistré comme lobbyiste dans le Connecticut, par manquement à avoir rempli tous les formulaires appropriés [au statut reconnu] de lobbyiste, et par manquement à avoir suivi toute la procédure réglementaire »…
L’OSE prétend, en effet, que le diocèse de Bridgeport s’est comporté en lobbyiste en organisant une manifestation le 11 mars dernier devant le Capitole de l’État pour protester contre le projet de loi 1098 (voir liens ci-dessus), en faisant des déclarations sur son site internet invitant les fidèles à protester auprès des élus contre un autre projet de loi (le 899 visant à légaliser le “mariage” entre personnes du même sexe)…
Dans une conférence de presse du 29 mai, Mgr Lori a dénoncé cette nouvelle provocation : « Le diocèse n’est pas un lobbyiste enregistré [auprès de l’État] et ne se consacre pas d’abord aux questions législatives ou politiques. Toutefois, de temps en temps, la mission religieuse du diocèse m’oblige, ainsi que les curés diocésains, à prendre, conformément à nos croyances religieuses, des positions sur des législations qui concernent les questions morales de l’actualité, et à inviter les paroissiens à agir sur la base des enseignements de l’Église ». Rien, en effet, de “lobbyisme” là-dedans, mais la simple application du droit qu’à l’Église de faire entendre sa voix et du droit de tout Américain à exprimer son désaccord avec le gouvernement en vertu du Premier Amendement. La nouvelle provocation de l’État du Connecticut manque évidemment de fondement juridique et pour le démontrer, Mgr Lori a annoncé qu’il avait chargé les avocats du diocèse de déposer une plainte contre l’État pour obtenir du tribunal l’annulation de la procédure de l’OSE. La plainte a été déposée le 29 mai dernier. Une affaire à suivre…



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Kevin 10/06/2009 09:19

Je reconnais l'existence des deux épées - temporelle et spirituelle - plutôt que la séparation de l'Église et l'État. Quand l'Etat tente de changer la définition du mariage, il envahit le territoire de l'Eglise. Il est donc nécessaire que l'État doit faire face aux conséquences.