Les prêtres français missionnaires aux U.S.A. au XIXe siècle (5) : l’abbé Lucien Galtier (1811-1866)

Publié le par Daniel HAMICHE


Pendant une huitaine de jours – du 11 au 18 août –, je serai absent de Paris pour des vacances peut-être imméritées mais rendues nécessaires par les fatigues accumulées (et pas seulement du fait de ce blogue…). Je vous propose donc une petite “série estivale” qui sera consacrée à des prêtres français missionnaires aux États-Unis au XIXe siècle. C’est un sujet que j’ai beaucoup travaillé, mais c’est une tâche rendue très difficile par le très grand nombre de prêtres, de religieux et de religieuses français, des centaines et des centaines, partis de chez eux, c’est-à-dire de chez nous, pour aller aider là-bas à édifier le catholicisme. Le livre que je caresse de leur consacrer depuis des années risque bien de ne jamais paraître en raison de l’énormité du travail qu’il requiert. Mais j’ai déjà rédigé de nombreuses notices. Autant vous en faire profiter ! Dans cette série, je me limiterai aux prêtres du XIXe siècle et aux personnalités les moins connues. Je vous souhaite une pieuse découverte de ces prêtres français aux États-Unis.


Abbé Lucien Galtier (1811-1866) : l’apôtre des Sioux Dakotas qui donna le nom de la capitale du Minnesotta

Un des quatre séminaristes  que Mgr Pierre Loras, évêque de Dubuque (Iowa) convainquit, lors de son passage en France en 1838, de venir assumer un apostolat missionnaire dans son diocèse.
Lucien Galtier (image) naquit en Ardèche en 1811. Après avoir commencé à étudier la théologie au séminaire de son diocèse, il part pour les États-Unis. Il arrive à New York en 1838. Il achève ses études au Mount St. Mary’s College, le séminaire fondé par les Sulpiciens français près de Emmitsburg dans le Maryland. Il est ordonné prêtre le 5 janvier 1840 par Mgr Loras en la cathédrale de Dubuque, en même temps que les
abbés Ravoux et Causse : ce sont les premières ordinations sacerdotales dans le grand Nord-Ouest, et sont trois Français. Le 26 avril, son évêque l’envoie en mission dans le Nord du diocèse, c’est-à-dire sur le territoire du futur État du Minnesota, dans une zone d’habitation traditionnelle des Dakotas et où vivent aussi de nombreuses familles de fermiers francophones. Son première logement est une cabane en bois offerte par Jean-Baptiste Faribault, et qui lui sert aussi de chapelle. Puis, sur un terrain proche de la rivière Mississippi, que lui offrent deux fermiers Canadiens français nés au Québec, Vital Guérin et Benjamin Gervais, l’abbé Galtier édifie, en octobre 1841, une église (plus précisément une chapelle) de rondins de bois, consacrée le 1er novembre sous le vocable de Saint Paul. Huit personnes travaillèrent à son édification dont l’Histoire à conservé les noms et que nous souhaitons à notre tour transmettre : Isaac Labissonnière, Joseph Labissionnière, Pierre Gervais, père et fils, Pierre Bottineau, Charles Bottineau, François Morin et Vital Guérin. C’est cette église qui donnera son nom à la future capitale du Minnesota : St. Paul. On connaît un texte de l’abbé Galtier sur cette église St. Paul : « En 1841, au mois d’octobre, les rondins furent préparés et une église fut construite, si pauvre qu’elle aurait très bien pu rappeler l’étable de Bethléem. Et pourtant, elle était destinée à devenir le noyau d’une grande ville. Le 1er novembre de cette même année, j’ai béni la nouvelle basilique et l’ai dédiée à saint Paul, l’apôtre des nations. J’exprimai alors un vœu : que ce lotissement soit connu sous le même nom [que l’église], et mon souhait fut exaucé ».
L’année suivante, l’abbé Galtier se trouve à moins de 10 km au sud-ouest de St. Paul, dans le village de Mendota (un toponyme qui signifie « lieu où les eaux se rassemblent » en langue dakota) où il érige, toujours en rondins de bois, une nouvelle église : St. Pierre. Elle sera reconstruite en pierres en 1853, et, pendant de très nombreuses années, les services religieux seront célébrés en français. En 1844, il quitte Mendota pour Keokuk (Iowa) où il fonde, cette même année, l’église Saint-Jean l’Évangéliste. La création des diocèses de Chicago et de Milwaukee, cette même année, redessine les frontières de Dubuque. Après un court séjour en France, l’abbé Galtier revient aux États-Unis et continue son ministère dans le Winsconsin où décède en 1866 à Prairie du Chien.
Dans le Kellogg Mall Park de St. Paul, un monument de granit rose, réalisé par Edwin H. Lundie,  a été élevé à la mémoire de l’abbé Galtier. Il comporte deux plaques ovales de bronze : sur la première un rond de bosse offre un portrait du prêtre dont le prénom est orthographié à la française (« Lucien »), orné d’une fleur de lis – mes compatriotes sont peu nombreux à savoir que la fleur de lis est toujours et partout aux États-Unis le symbole de la France… – ; sur la seconde une image de l’église St. Paul accompagnée du texte de l’abbé Galtier mentionné plus haut (photos ci-dessous).






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