L’archevêque Chaput, les truites, la pilule et nous…

Publié le par Daniel HAMICHE


La toute récente association catholique Creatio (ici) fondée à Denver (Colorado), et qui a pour objet de promouvoir une réconciliation de l’homme avec la nature comme réponse chrétienne aux problèmes liés à l’environnement, a organisé, en cette ville, du 17 au 19 août une conférence sur le thème : « Foi et environnement : questions et défis ».
C’est l’archevêque de Denver, Mgr Charles Chaput, qui prononça l’allocution d’ouverture dans laquelle, après bien des choses d’intérêt, il conclut ses propos par cette petite histoire :

« Permettez-moi de terminer sur une petite histoire qui ne va pas enchanter mes amis écologistes, mais qui illustre mon propos.
Lorsque, voici quelques années, des scientifiques de l’Université du Colorado se livrèrent à une étude sur la truite de la rivière Boulder en aval de l’usine de traitement des eaux usées de la ville de Boulder [Colorado], ils découvrirent que sur 123 truites, 101 étaient des femelles, 12 des mâles et que 10 manifestaient des signes curieux de mutation et présentaient des aspects mâles et des aspects femelles.
Le biologiste John Woodling, l’un des défenseurs les plus connus de la pureté de l’eau dans les rivières du Colorado et dans les zones urbanisées, et David Norris, professeur de physiologie à l’Université du Colorado (…), découvrirent que les antibiotiques, la caféine et principalement les hormones contenues dans les pilules contraceptives pouvaient gravement contaminer l’eau potable de toute une région. Ce sont des conséquences imprévues et troublantes. Mais la mutation de la truite n’est que le sommet de l’iceberg.
En fait, Norris déclara au quotidien
Boulder Daily que les eaux usées de la rivière Boulder, qu’il avait analysées avaient des effets contraceptifs non désirés sur les êtres humains.
Sheila Murphy, hydrologiste attachée à l’U.S. Geological Survey de Boulder, ajouta que le travail de David Norris était important pour contrer quelques sceptiques tentant d’attribuer le transsexualisme découvert chez des poissons du Potomac et d’autres fleuves américain, au changement de température ou à d’autres influences.
Quand l’histoire de ces découvertes fut lancée dans les journaux de Denver et de Boulder, Norris s’attendait à une réaction rapide des écologistes. Il fut surpris de l’absence totale de tintamarre. En fait, un des portes parole du milieu écologiste local à qui l’on demandait de commenter cette affaire de poissons génétiquement malformés et du lien avec l’eau potable contaminée, haussa les épaules en disant que personne ne devait être inquiet qu’on diminue la consommation de pilules contraceptives afin d’éviter de polluer l’eau du robinet. “Personne n’est à blâmer pour ça, et, de toute manière, je n’ai pas de solution”.
On me permettra de ne pas être d’accord. Et le pourquoi est évident. Nous, les êtres humains, dans nos choix et dans nos actes nous sommes responsables de tous les gâchis que nous faisons de nos mains à la nature, depuis les produits chimiques de Love Canal 1, en passant par l’irradiation de Tchernobyl, pour arriver aux hormones de la rivière Boulder. Et nous
devons trouver une solution. Une solution morale. Je veux dire une solution qui découle d’une rencontre respectueuse de la foi avec la raison, d’une réponse qui nous aidera, collectivement, à procéder aux changements de comportement nécessaires pour protéger le monde si beau que nous partageons, pour garantir non seulement l’harmonie voulue par Dieu, mais notre propre bien être. »



1. Découverte dans les années 1970, de 21 000 tonnes de déchets toxiques enfouis par Hooker Chemical dans la ville de Love Canal (banlieue de Niagara Falls, État de New York) qui provoqua de nombreuses et très graves maladies parmi les habitants et contribua aux scenarii de plusieurs films et téléfilms américains.



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Dominique 24/08/2009 14:05

Plutôt crever que de donner raison au catholicisme... Voilà la raison des khmers verts de laisser les choses en l'état, parce qu'ils sont viscéralement athécrates...