ObamaCare : un titre trompeur de l’agence Zenit ; un nouvel évêque américain critique l’usine à gaz

Publié le par Daniel HAMICHE


L’agence d'information religieuse Zenit – émanation des Légionnaires du Christ à Rome – fait généralement un honorable travail de journalisme, mais elle vient – inadvertance ? – de pousser le bouchon un peu loin…
Dans une de ses dépêches du 15 septembre, elle titrait :
« Avortement : l’Église félicite le président américain »
Ce titre est évidemment trompeur – sinon mensonger.
L’Église catholique aux États-Unis, par le truchement, notamment de Richard Doerflinger, directeur-adjoint des Activités Pro-Vie de la Conférence épiscopale des États-Unis (voir ici, j’ai traité ce sujet le… 11 septembre : je me demande parfois à quoi cela sert que je me décarcasse…), ne « félicite » pas le président américain pour ses déclarations du 9 septembre relatives au financement de l’avortement et au respect de la clause de conscience dans le projet de loi réformant le système de santé (ObamaCare), mais « accueille favorablement » son « engagement à exclure le financement fédéral de l’avortement et à maintenir les lois fédérales en vigueur protégeant le droit de conscience des personnels de santé ». Dans ces matières délicates, les agences et organes de presse catholiques devraient peser leurs mots et expressions au trébuchet…
Les évêques, évidemment, se disent disposés à travailler « avec le Congrès et l’Administration pour s’assurer que ces protections seront clairement exprimées dans la nouvelle loi, de telle sorte que personne ne soit contraint de payer pour un avortement ou d’y prendre part comme conséquence de la réforme du système de santé. » C’est pourtant clair : le financement fédéral de l’avortement (et son corollaire : le respect de la clause de conscience pour les personnels de santé se refusant à procurer un avortement ou à y participer) est un point non négociable pour les évêques et les “paroles verbales” d’Obama doivent d’abord passer explicitement, en toutes lettres, dans le libellé du projet de loi avant que les évêques discutent avec l’administration ou le législateur de la hauteur, de la longueur, de la largeur et de la profondeur de l’usine à gaz dispendieuse – et à mon sens inefficace – qu’Obama veut proposer à l’admiration des générations présente et future !
Le titre de la dépêche de nos amis de Zenit a abusé plus d’un lecteur pressé et j’ai eu plusieurs communications cet après-midi de personnes pensant que les évêques avaient génuflecté devant l’ObamaCare. Il n’en est rien !

Je tombe d’ailleurs, mais dans un même registre, sur des propos de l’évêque de Rockford (Illinois), Mgr Thomas Doran, repris dans LifeSiteNews du 15 septembre, où, à propos de l’usine à gaz obamanesque, l’évêque déclare : « Notre bureaucratie fédérale est un vaste terrain vague parsemé des carcasses des programmes fédéraux absurdes qui se sont révélés infiniment pires que les problèmes qu’ils étaient supposés corriger »« Quoi que nous inventions », poursuit l’évêque, ce qui est premier et qui doit être respecté dans un projet de loi comme celui qui est actuellement débattu, « c’est la vie humaine, de la conception à la mort naturelle ».
On peut donc, sans forcer la note, rajouter le nom de Mgr Doran à la liste des 17 évêques américains (voir ici) qui ont explicitement dit non à l’ObamaCare en l’état.



Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Charles Éd. Durand 17/09/2009 10:14

Vous écrivez en italique : ...«que personne ne soit contraint de payer pour un avortement.» Alors qui ? Justement ce que veut Obama c'est que l'État fédéral paie l'avortement afin justement que personne n'en soit privé surtout la mineure qui n'aura pas à en parler à ses parents. Quant à sa promesse verbale, elle passera à la trape comme celles qu'il avait promis au général Petraeus.Pour lui reniers sa parole, manipuler et mentir sont les outils de son plan qu'il utilise pour  gouverner et trahir les États-Unis. Que les évêques ne se laissent pas comme certaines religieuses qui dirigent des hôpitaux qui acceptent béatement de se faire complice de ce président ou pour être poli de se faire rouler dans la farine.

Jean-Marc 17/09/2009 08:30

Zenit = Osservatore romano ? On pourrait parfois se poser la question ...