La “passion” de Terri Schiavo

Publié le par Daniel HAMICHE

Nous sommes aujourd’hui à l’avant-veille d’un anniversaire douloureux et qui a secoué l’Amérique voici bientôt deux ans. Le 31 mars 2005, Theresa Marie (Terri) Schiavo, plongée dans un coma végétatif (dont la cause exacte est loin d’être connue) depuis plusieurs années, décédait. Mais non de mort naturelle, car après une longue bataille juridique qui a tenu l’Amérique en haleine, c’est une ultime décision de justice, prise à la requête de son mari (depuis remarié…) mais contre l’avis de ses parents et de son frère, qui mit fin à ses jours. Terri Schiavo survivait non pas à cause d’un acharnement thérapeutique ou médicamenteux, mais par alimentation et hydratation artificielles. Elle était donc vivante, et le serait selon toute probabilité encore aujourd’hui, quand le juge ordonna que l’on débranche les systèmes d’alimentation et d’hydratation. Terri Schiavo est morte d’avoir été privée de ce qui est nécessaire à la vie lorsque l’on est dans l’impossibilité d’y pourvoir soi-même. C’est donc bien d’un meurtre judiciaire qu’il s’agit, mais d’un meurtre précédé d’une agonie atroce de plusieurs jours dont la description, précisée par des pathologistes, fait frémir.
Catholique, comme toute sa famille, Terri fut admirablement assistée durant toute son agonie douloureuse et silencieuse par l’admirable Père Franck Pavone, l’infatigable animateur des Priest for Life (www.priestsforlife.org). Mais le fut-elle par l’ordinaire de son propre diocèse, celui de St. Petersburg en Floride ?
La réponse n’est, hélas, point affirmative. Dans une « lettre ouverte » [1] à Mgr Robert Lynch, évêque de St. Petersburg, datée du 9 mars dernier mais dont on n’a appris l’existence qu’hier et demeurée jusqu’à cette date sans réponse, le frère de Terri, Bobby Schindler, l’éreinte pour son inaction et son refus d’aider à sauver la vie de Terri : toutes ses démarches auprès de lui, ainsi que celles du père et de la mère de Terri, étant restées sans effet. Bobby Schindler aspostrophe l’évêque priant Dieu « de nous épargner un autre successeur des Apôtres qui montrerait une même inaction et un même silence scandaleux par lesquels vous demeurez complice du meurtre de ma sœur par euthanasie ».
Il y a là en effet de quoi s’interroger…
Je me dois d’ajouter, en manière de post scriptum, que Bobby Schindler, bouleversé et révolté par cette tragédie familiale générée par le coma profond d’une sœur bien-aimée, en était arrivé à perdre la foi. C’est, comme il l’a récemment confié, en écoutant un entretien de Jim Caviezel, l’acteur qui incarne Notre-Seigneur dans le chef-d’œuvre de Mel Gibson La Passion du Christ, puis en assistant à une projection du film qu’il a compris que toute souffrance, la sienne et celle des êtres qui nous sont chers, participe à la Passion du Christ. C’est une grande leçon et un beau sujet de méditation pour achever notre Carême et entrer dans la Semaine Sainte.


[1] Malgré tous mes efforts, je n’ai pu me procurer le texte intégral de cette lettre : tous les sites américains en proposant le téléchargement ne m’ont fourni qu’une version illisible. The Terri Schindler Schiavo Foundation, à laquelle collabore Bobby Schindler (www.blogsforterri.com), contactée ce matin même afin d’en obtenir ce texte ne m’a répondu que par une formule visiblement générée par un automate informatique. Dès que j’aurai ce texte, j’en mettrai la traduction dans ce blog, car cette affaire est de grande importance et pas seulement pour les États-Unis comme chacun l’aura compris.

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