« Affaire de Boulder » : l’archevêque Chaput y met un point final

Publié le par Daniel HAMICHE


Les médias du Colorado dans leur ensemble ont évidemment commenté négativement 1 la décision de l’école paroissiale du Sacred Heart Church de Boulder (Colorado) de ne pas continuer à scolariser l’enfant d’un couple de lesbiennes (je vous en ai entretenu le 8 mars puis le 9 mars).
Cet acharnement médiatique a invité Mgr Charles Chaput, archevêque de Denver (Colorado) à mettre tout son poids dans la balance, ce qu’il a fait en y consacrant son éditorial hebdomadaire dans le Denver Catholic Register (texte intégral en anglais ici).
Après avoir rappelé la raison de la création des écoles catholiques aux États-Unis au XIXe siècle, « comme alternative aux écoles publiques de l’époque dont le programme était souvent hostile à la foi catholique », l’archevêque poursuit : « À bien des égards, les temps ont changé, mais pas la mission de l’école catholique. Le but principal poursuivi par les écoles catholiques est religieux. En d’autres mots, il vise à former les élèves dans la foi catholique, dans la morale catholique et dans les valeurs sociales catholiques (…) Beaucoup de nos écoles accueillent des élèves qui sont d’une autre foi ou qui n’en ont aucune, de parents célibataires ou de familles de parents divorcés. Ces élèves sont toujours les bienvenus pour autant que leurs parents soutiennent la mission catholique de l’école et n’offrent pas un contre témoignage grave à cette mission dans leurs actes (…) Nos écoles, toutefois, existent pour d’abord servir les familles catholiques par une instruction modelée par la foi catholique et la formation morale. C’est une simple évidence. D’autres traditions religieuses font de même suivant leurs croyances et au prix d’un lourd sacrifice. Nous devons garder à l’esprit le fait que les familles catholiques paient deux fois pour bénéficier d’une éducation catholique : par leurs impôts elles financent l’instruction publique, et elles doivent payer une seconde fois pour envoyer leurs enfants à une école catholique [par conséquent] l’idée que les écoles catholiques exigent qu’on soutienne l’enseignement catholique pour y être admis et un sérieux effort des familles des enfants scolarisés pour vivre dans la fidélité leur identité catholique, est raisonnable et juste… »
L’archevêque poursuit : « L’Église ne cherche de prétexte pour refuser à quiconque une éducation catholique. Mais l’Église ne peut pas changer ses préceptes moraux sans saper sa mission ne pas réussir à servir les nombreuses familles qui croient en cette mission (…) Si les catholiques prennent leur foi au sérieux, ils suivent naturellement les enseignements de l’Église en matière de foi et de morale, sinon ils s’excluent eux-mêmes de la communauté de foi. »
L’archevêque insiste : « L’Église ne prétend pas que les gens qui ont une inclination homosexuelle sont “mauvais” ou que leurs enfants soient moins aimés de Dieu. C’est tout le contraire. Mais ce que l’Église enseigne positivement c’est que pour quiconque avoir une relation sexuelle en dehors du mariage est une faute, que le mariage est une alliance sacramentelle et que le mariage ne peut se réaliser qu’entre un homme et une femme. Ces principes sont au cœur de la compréhension catholique de la nature humaine, de la famille, du bonheur et de l’organisation de la société. L’Église ne peut pas changer ces enseignements car, dans la foi catholique, ce sont les enseignements mêmes de Jésus Christ ».
À la lumière de ce qui précède « la politique de notre système d’écoles catholiques existe pour protéger toutes les parties impliquées, y compris les enfants de couples homosexuels et les couples eux-mêmes. La raison d’être de nos écoles est d’être “partenaires dans la foi” avec les parents. Si les parents ne respectent pas les croyances de l’Église, ou vivent d’une manière qui rejette ouvertement ces croyances, alors le partenariat avec ces parents devient très difficile sinon impossible. Cela provoque aussi une tension injuste sur les enfants qui se trouvent pris entre les deux, et sur leurs enseignants qui ont le devoir de leur enseigner la foi authentique de l’Église. »
L’archevêque Chaput conclut ainsi son commentaire : « La plupart des parents qui envoient leurs enfants dans des écoles catholiques en attendent un environnement où la foi catholique sera intégralement enseignée et pratiquée. Cela ne peut tout simplement pas être fait si les enseignants doivent se préoccuper de ne pas blesser les sentiments de leurs élèves ou de ne pas éloigner les élèves de leurs parents. Ce n’est juste pour personne, y compris toute notre communauté scolaire. Les personnes qui ont une compréhension du mariage et de la famille brutalement différente de la croyance catholique sont souvent des personnes sincères et de bonne volonté. Elles disposent d’autres options, également excellentes, pour l’éducation et devraient y trouver la meilleure orientation pour leurs enfants. »

Je crois que tout est dit. Et bien dit…


1. Encore que, comme me le signale un lecteur – que je remercie – dans un commentaire, la tendance du sondage mis en ligne par le quotidien Denver Post vient de s’inverser : 50,9 % des lecteurs estiment désormais fondée la décision de l’école alors qu’ils ne sont plus que 47,9 % à la dénoncer ; chez les catholiques l’amplitude est encore plus forte : 40,3 % sont pour et seulement 14,1 % contre (sur près de 11 000 participants à ce sondage, ce qui n’est pas rien).



1sacred Heart Boulde


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castelrey 12/03/2010 16:16


Bon, cela suffit, à moins de me relir deux fois, je fais des fautes dignes(indignes) d'un élève de primaire. Au revoir M. Hamiche.(fait pas bon s'humilier de la sorte), bon courage pour ce blog si
intéressant.


Castelrey 12/03/2010 16:05


Beaucoup d'homosexuels sont croyants, ils n'ont même pas à se considerer comme "hors du troupeau" des chrétiens, c'est juste affirmer sa foi tout en contrant les positions de l'Eglise qui ne va pas
: je discutait avec un homosexuel (euh qui me draguer pour larler cruement)lui demandant de faire une prière, à ma grande surprise il me répondit qu'il était croyant, je me suis senti désarmé...


bouge 11/03/2010 21:50



Je suis un peu etonné suite à la phrase"Elles disposent d'autres options.....pour leurs enfants".Qu'entend t on par là ?



Boris 11/03/2010 16:25


"Cela ne peut tout simplement pas être fait si les enseignants doivent se préoccuper de ne pas blesser les sentiments
de leurs élèves ou de ne pas éloigner les élèves de leurs parents. "

J'ai été confronté à ce cas en aumonerie de l'enseignement public en France. Nous avions organisé avec mon épouse une soirée sur le mariage et l'Amour au sens chrétien et commencions à parler du
manque de stabilité des familles non-fondées sur le mariage lorsqu'une des jeunes nous a signalé être dans ce cas.
Il nous a semblé que nous avions perturbé cette jeune en dénonçant l'incapacité d'engagement des personnes non-mariées et la précarité qui en résulte, ainsi que le manque d'Amour que cela
représente.

C'est dur à entendre, mais c'est bien ce qu'enseigne l'Eglise et dès lors, qui ne peut l'entendre et le refuse place ses enfants en position difficile dans les structures ecclésiales.