Catholic Charities d’Albany va distribuer des seringues aux drogués à titre prophylactique

Publié le par Daniel HAMICHE


J’avoue que l’information me laisse un peu pantois, mais c’est le genre de sujets sur lequel il convient de réfléchir à deux fois. Mon opinion n’est pas formée : la vôtre me sera donc (et le sera à tous lecteurs de ce blogue) sans doute utile.
Voici l’affaire.
On apprenait vendredi dernier que l’agence de Catholic Charities du diocèse d’Albany (New York), après avoir reçu l’accord de l’évêque Howard J. Hubbard qui préside son conseil d’administration, allait mettre en œuvre, après plusieurs années d’hésitation, un programme de distribution de seringues stériles pour les drogués qui s’injectent des substances stupéfiantes par voie intraveineuse.
Il n’est pas douteux que l’usage multiple d’une même seringue chez les drogués est un facteur de transmission de nombreuses maladies : SIDA, hépatite C… Des études menées par les services de santé de l’État de New York ont démontré qu’en 1990, 50 % des nouveaux cas constatés d’infection par le virus du SIDA chez les drogués étaient dus à l’usage multiple d’une même seringue. En 2004, après que l’État eut lancé un programme de distribution de seringues, le taux a chuté à 7 %.
On doit aussi tenir compte de l’aspect économique des choses. Il en coûtera à Catholic Charities 83 000 $ pour équiper une camionnette capable de se rendre dans plusieurs localités du diocèse, et 170 000 $ par an pour l’achat du matériel (seringues notamment) et les salaires des personnels – l’essentiel de la dépense étant pris en charge par l’État de New York, le diocèse d’Albany étant financièrement aux abois. Ces sommes sont à mettre en parallèle avec ce que coûte le traitement à vie d’une seule personne infectée par le virus du SIDA : 650 000 $.
Que nous enseigne la morale catholique sur ce casus ? Est-ce que ce que l’on pourrait considérer le mal moral que constitue l’aide à la consommation de stupéfiant, n’est pas largement compensé par le devoir de charité qui consiste à tout faire pour que notre prochain même dépendant de la drogue n’aggrave pas sa santé en contractant une maladie souvent mortelle ? Mais une telle casuistique – entendue au sens classique – ne pourrait-elle pas aussi s’appliquer aux préservatifs dont on s’échine à nous louer l’effet « prophylactique », et en justifier l’usage comme moindre mal au profit d’un plus grand bien en l’occurence ?
Graves questions. J’attends vos réponses…


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Dominique Morin 03/02/2010 23:54


Alain, 
J'ai vécu des années difficiles entouré de personnes dépendantes de l'héroïne, je suis parvenu grâce à Dieu à éviter cet esclavage, à quitter ce monde de mort de la drogue.
Pourquoi, selon vous,aurait-je un regard de jugement aujourd'hui?
Comment même cela serait-il possible?
Parce que je suis défavorable à distribuer des seringues, auxquelles il faudrait aussi ajouter un poison "propre" ?
Sa croix, je crois un peu que je sais ce que c'est de la porter. Pas assez, mal, mais je n'aime pas parler de cela. C'est trop personnel. En tout cas, je ne crois pas être moins bien disposé que
vous à l'égard des toxicomanes.
La Croix du Christ, elle est signe de salut et de guérison. Pouvons-nous interpréter, solliciter le texte, pour défendre notre propos? Personnellement, je m'en garderais. Je sais seulement
d'expérience que la drogue tue le désir de vivre, qu'elle est un mensonge métaphysique. "Gérer" sa consommation est avec certitude aberrant. Ce n'est pas une théorie.
Vous semblez dire que je manquerais de coeur, ou expliquez-moi si j'ai mal compris, à cause d'un désaccord autour d'une distribution de seringues. 
La sensibilité est une bonne servante, mais une mauvaise maîtresse. Et ne mélangeons pas les plans spirituels et naturels et moraux au risque de brouiller la réflexion. Qu'est-ce qui est réellement
bon pour l'homme et comment lui permettre d'y parvenir?
Le vrai problème de tout ça, c'est effectivement la personne et sa dignité. Au Cénacle ou à Saint Jean espérance, je ne crois pas qu'il manque ni de coeur ni de raison. Et pourtant, je n'y ai pas
entendu parler de moindre mal, de morale hygiéniste. 
Ou est le problème?
Est-ce dans une blessure que je m'excuse si j'ai pu rouvrir par mes propos? 
Finissons-en là, ça ne rime plus à rien. Mon mail est dom.morin@wanadoo.fr. 
Si vous voulez m'écrire et échanger avec moi, pas de problème. Mais ne monopolisons pas un blog personnel avec nos querelles.
Merci de votre compréhension.
Dominique Morin
 


Alain 03/02/2010 22:31


vous avez raison Dominique ça tourne en rond car vous croiserez certainement ces gens de temps à autre  vous les regarderez en ayant une réflexion intellectuelle ou avec de la compassion mais
il est vrai que vous resterez toujours un étranger à leur souffrance et à leur détresse car pour comprendre quelqu'un qui souffre il faut déjà avoir souffert soi-même.
c'est bien pour cela que le Christ est mort aussi en souffrant sur une croix.
Car nul ne pourra jamais lui dire à Lui tu ne sais pas ce que je vis, ce que je souffre.
Et il n'y a rien d'intellectuel là dedans.
soyez certain que je ne suis pas un liberal ou un moderniste mais à toutes situations il est bon d'associer la foi et la raison ( Fides et ratio ) même dans ce cas précis.
voyez plus loin quand vous les croisez, regardez les avec le Coeur de Jésus, allez plus loin dans votre raisonnement , essayez de penser à la place de Jésus, n'ayez pas peur de penser à Sa
Place, qu'est-ce qu'Il pourrait se dire Jésus " c'est de leur faute , je ne les aiderai plus tampis pour eux ... ou plutôt, je vais encore patienter, je ne cesserai jamais de les soutenir,
peut-être qu'il y en a un ou deux qui se reprendront, qui se redresseront, qui reprendront une vie normale et qui m'aimeront.
Dieu est un Père , vous le dites tous les jours dans vos prières, méditez que ces deux mots et vous plongerez dans l'infinie tendresse de Dieu.
ce n'est pas du sentimentalisme.
c'est la réalité
Jésus ne disait-Il pas aux pharisiens : " n'avez vous pas lu que David est entré dans le Temple avec les siens et à manger du pain sacré parce qu'ils avaient faim. ( certes on y voit l'Eucharistie
) mais la raison dans certaines situations est de rigueur.
il n'y a pas que la finitude de l'au-delà, il y a déjà celle de demain ici-bas.
on ne parle pas d'homos de lesbiennes ou d'humanistes acharnés contre l'Eglise ou le Pape, ici on parle de drogués, de victime de la drogue.
Et la victime parfaite est le Christ. Il s sont des victimes comme Lui EST la Victime parfaite.
vous êtes vous déjà posé la question de savoir qui de eux ou de nous serons jugés le moins sévèrement ?
vous êtes-vous déjà réellement posé cette question ?
vous trouverez je suis sûr la réponse
bien à vous
Alain



Dominique Morin 03/02/2010 21:10


Alain, 
On n'arrête pas non plus de se droguer parce que la drogue est en vente libre et les seringues fournies. Le sentimentalisme des associations et éducateurs, j'ai eu l'occasion de le vivre, n'a pas
aidé plus qu'un séjour en prison ou un électrochoc. La nature humaine est compliquée, l'esclavage de la drogue tend à être "géré" par des associations et "spécialistes" "qualifiés." Je constate
dans ma banlieue qu'entre les stéribox et le Subutex, la sortie par en haut ne leur est pas vraiment proposé.
On peut s'en satisfaire, moi pas. Je ne crois pas qu'on gère un désastre humain, non pas le vice car je ne crois pas que c'en soit plus de la misère humaine. Il n'y a que vers le haut, accompagné
et avec de la volonté et de l'amour. Et cela, il n'y a pas besoin de subventions pour le faire.
Le système et ses tenants vivent de la drogue en gérant les victimes plutôt que de remettre en cause leur vision, fausse, de l'homme et de la liberté. Ce ne seront pas eux qui aideront réellement
celui qui n'y parvient pas par lui-même. Je parle de ce que j'observe quand je croise le milieu associatif.
Je crois que nous tournons en rond dans une discussion qui ne vas nulle part. Je préfères arrêter là.
Bien à vous
Dominique Morin 


Alain 03/02/2010 19:04


je suis également d'accord avec vous Dominique que derrière ces associations qui prétendent vouloir faire du bien ce cache des loups déguisés en agneaux, je pense à ACTUP, Planning familial ou tout
autre courant ou loge humaniste.
mais vous n'empêcherez jamais un drogué de se procurer une seringue, une neuve c'est très bien ou une sale il fera avec malheureusement parce qu'il n'aura pas pu faire autrement.
Et il est là le drame !!!
j'ai malheureusement vu trop de morts et presque toujours trop jeunes pour savoir que ceux sont deux drames très liés ( STUPEFIANT et HIV ) mais du premier on a des chances de s'en sortir mais du
second qui est une conséquence du premier beaucoup moins.
j'ai en mémoire une vieille histoire du St curé d'Ars qui un jour vit un voleur qui essayait de se cacher des gendarmes qui le poursuivaient, le st curé lui indiqua une direction qui lui
permettrait de ne pas se faire attraper et en plus si ma mémoire ne me fait pas défaut il lui donna quelques pièces.
je ne confond surtout pas laxisme et coeur.
mais pour un moindre mal je crois que la raison est de rigueur.
un dernier point et après j'arrêterai de débattre, on n'arrête pas de se droguer parce qu'il y a une interdiction de vente ou de distribution de seringues, soyons en tous assurer. le
problème est ailleurs.
fraternellement
Alain


Dominique Morin 03/02/2010 15:42


Alain, 
Je suis désolé que nous ne nous comprenions pas car je reste persuadé que nous pensons la même chose, non pas une complaisance envers la drogue mais la recherche du bien des personnes. Il ne me
semble pas y avoir d'opposition de fond envers nos différentes visions des choses. 
Je ne pense pas non plus que ceux qui ne comprennent pas la politique de distribution de seringues, je pense par des personnes qui pensent en termes de libération nécessaire de la drogue et de bien
des personnes, veuillent à tout prix préférer une conception doctrinaire de la morale au détriment des personnes. Cela n'aurait aucun sens si c'était le cas puisque la morale est au service du bien
des personnes et ne saurait être un but en soi.
Mais objectivement notre société a évolué, des idéologues et une philosophie libertaire ou utilitariste ont envahis l'esprit de nombre de nos contemporains. La prévention du sida et de la drogue,
je fais toujours le parallèle, sont devenus un enjeu idéologique et le bon sens au service des personnes n'est plus toujours la priorité. 
J'en côtoie souvent sur ma route de témoin dans les écoles et vous seriez peut-être surpris par certaines attitudes. Dans ce nouvel état des choses, il n'est malheureusement plus et je le déplore
impossible d'avoir affaire à des idéologues déguisés en associations d'aide aux personnes. Lisez la littérature qui existe sur ce sujet et informez-vous sur la "philosophie" d'ACTUP  ou ASUD
qui militent pour la légalisation des drogues au nom du "bien" des personnes. 
Une association de lutte contre la drogue et d'assistance aux familles qui centralise les demandes et les moyens m'a récemment encore confirmé cette réalité. 
Certes, heureusement, il ne faut pas généraliser, mais comme pour ce qui touche à la sexualité, il suffit, pour cette mentalité, d'avoir des sympathisants dans l'administration ou est fournie
l'agrément et les subventions sans lesquelles rien n'est possible ainsi que chez certains éducateurs spécialisés et autres intervenants pour que tout soit paralysé.
Le but, c'est le bien des personnes. Pour y parvenir tous les moyens ne sont pas légitimes, et ceux qui sont mis en oeuvre ne doivent pas renoncer à aider la personne à se libérer de son
esclavage.
L'exercice des vertus théologales que vous citez ne dispensent pas mise en oeuvre de moyens raisonnables, réalistes, et conformes au bien personnel et commun. 
Si nous sommes d'accord sur ces principes, tout le reste est secondaire.
Merci de votre compréhension et union de prière
Dominique Morin