L’« affaire des seringues » d’Albany : les arguments recevables du canoniste Edward Peters

Publié le par Daniel HAMICHE


« L’affaire des seringues » du diocèse d’Albany m’avait, comme je l’ai écrit hier, laissé « pantois ». Quelques lecteurs de mon blogue ont laissé un commentaire – mais je rappelle qu’americatho n’est pas un forum de discussion ! –, d’autres m’en ont adressés à mon courriel – ce qu’il ne faut jamais faire : vos commentaires doivent être placés dans les « commentaires » du blogue pour profiter à tous ! Désolé de ces rappels à l’ordre… mais c’est pour le bien de tous.
Le canoniste américain Edward Peters a immédiatement réagi. Dans un article paru ce jour sur son blogue In the Ligth of the Law, il donne ses « Arguments contre l’autorisation par l’évêque Hubbard [photo ci-dessous] des “programmes seringue” ». M’est avis qu’il dit le droit de l’Église. En voici la traduction. À lire avec soin.

« La coopération formelle à l’acte mauvais d’une autre personne (c’est-à-dire en entreprenant d’aider expressément une autre personne à accomplir un acte connu pour être mauvais) est de soi-même un mal. Davis, Moral and Pastoral Theology (1938), I, 341-342. Il n’y a aucune exception à cette règle ; aucune circonstance survenant ne peut jamais faire d’une coopération formelle au mal un bien.
“L’usage de la drogue [illégale] inflige de très graves destructions à la santé et à la vie humaine […] c’est une faute grave. La production clandestine et le trafic de drogues sont des pratiques scandaleuses ; ils constituent une coopération directe, puisqu’ils y incitent, à des pratiques gravement contraires à la loi morale.” (Catéchisme de l’Église catholique, n. 2291, les soulignés et le gras sont de moi). Voyez aussi : Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, Charte des personnels de la santé (1995), n. 94.
Je pense que celui qui fournit, sans la prescription d’un médecin, des aiguilles ou des seringues (précisons : à usage unique) à des gens dont on peut raisonnablement estimer qu’ils utiliseront ces fournitures pour s’injecter des drogues illégales ou en injecter dans le corps d’un autre, encourage ces personnes à des pratiques qui sont gravement contraires à la loi morale, fournissant en conséquence, selon ce qu’il me semble, une aide directe leur permettant de commettre un acte grave et objectivement mauvais, avec l’intention précise de les aider à commettre cet acte. Cette conclusion n’est pas conditionnée au fait de savoir si les aiguilles sont propres, ou si elles ont été simplement changées, ou pour tout autre aspect accidentel de ce programme*. La vraie question est de savoir si donner une seringue à un drogué l’encourage à s’injecter des drogues illégales. Si c’est le cas, alors donner à un droguer une aiguille c’est coopérer formellement avec le mal spécifique de celui ou de celle qui consomme ces drogues illégales.
Et donc, quand l’évêque Hubbard d’Albany autorise son agence de Catholic Charities à distribuer des seringues a ceux qui semblent être des drogués, il initie formellement**, selon moi, une coopération au mal grave de la consommation de drogue dans son diocèse.
Je ne puis toutefois pas imaginer que ces observations surprennent les administrateurs d’Albany qui ont passé – combien dites-vous ? cinq ans ? – à élaborer cette proposition. Mais l’inattention officielle à certaines objections passablement évidentes (au moins dans le matériel que j’ai pu trouver sur cette affaire jusqu’à présent) est terrifiante. Peut-être que les hommes en place échangeront plus complètement entre eux sur leurs analyses, ou, à tout le moins, pourront-ils nous signaler quelques experts disposés à soutenir leur programme ?
Quoi qu’il en soit, si mon analyse morale est correcte (et j’invite les personnes intéressées à chercher par eux-mêmes et avec soin dans la tradition), alors on ne pourra être que préoccupé par ce scandale (au sens classique du mot, c’est-à-dire une conduite qui a pour effet d’amoindrir le sens du péché chez l’autre ou de l’encourager à commettre un péché) qui nous est infligé quand, non de simples catholiques, mais des évêques catholiques approuvent la distribution publique, sous des auspices catholiques, de matériels d’injection à des utilisateurs de drogues illégales.
En vérité, si un évêque, tenu d’être “un exemple de la sainteté dans la charité” (Code de droit canonique, 1983, canons 387, 893), utilise sa charge pour réaliser la distribution d’aiguilles à des consommateurs de drogues illégales, n’abuse-t-il pas de son pouvoir ecclésiastique ou de sa fonction et/ou en posant des actes de la puissance ecclésiastique, de son ministère ou de ses fonctions en nuisant aux autres, ce qui est contraire au canon 1389 ? Si de tels actes sont accomplis par quelqu’un qui est “constituée en dignité  ou [par] son autorité ou sa charge » Code de droit canonique 1983, 1326, § 1 et 2), cela ne rend-t-il pas extrêmement urgent qu’une telle décision soit immédiatement annulée ou, au moins, suspendue et reconsidérée ?


* Pour être parfaitement clair, selon l’analyse morale catholique, il n’existe aucune justification à la coopération formelle au mal, et donc si ces “programmes aiguille” sont des coopérations formelles au mal, nous n’avons pas à faire un quelconque commentaire sur les différentes justifications alléguées par les avocats des programmes aiguilles-pour-les-utilisateurs-de-drogues-illégales. On ne peut tout simplement pas faire le mal pour obtenir le bien. On pourra toutefois, si on le désire, voir quelques brefs commentaires du P. Tadeusz Pacholczyk, Ph.D., sur les « lieux d’injection sécurisée ».
** En 1999, la Congrégation pour la Doctrine de la foi s’est adressée à un hôpital confessionnel australien pour qu’il cesse de mettre à disposition une salle d’injection pour les toxicomanes à l’héroïne, sur la base qu’une telle aide était “une coopération matérielle extrêmement proche du mal grave de la consommation de drogue [illégale]”. Je ne connais pas tous les tenants et aboutissants de cette affaire, et je n’ai pas non plus la lettre intégrale de la CDF, mais il est intéressant de noter que la CDF réprouve ce qu’elle ne considère qu’une “simple” coopération matérielle directe  à la consommation de drogue. Alors que j’argumente sur le fait que l’acte de l’évêque Hubbard semble ici constituer une coopération formelle à la consommation de drogue, et même si ses actes ne pouvaient être considérés que comme une “simple” coopération matérielle à la consommation illicite de drogue, ils continueraient à se placer sous le feu de sérieuses objections morales. »


Hubbard.jpg




Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Roger Bélanger 03/02/2010 01:31


Bonsoir à tous !
C'est à titre de simple lecteur de ce blog que je porte ce commentaire. Je n'ai aucune spécialité. Cependant, je crois que d'est affaiblir sa position contre une telle pratique que de l'appuyer sur
la "légalité" de la substance consommée. Voici pourquoi :
Les drogues, plus encore que l'alcool, agissent sur de façon dégénérative sur le système génétique de l'être humain et ce dès le premier usage. Il s'agit donc d'une substance qui tend à la
destruction de l'être humain dans son intégrité physique et dans celle de ses descendants.
Mais il y a pire encore. Les drogues agissent aussi sur la personnalité de la personne et cela se situe dans le domaine de son psychisme. On peut le constater facilement en voyant la dégénérescence
des habitués des drogues. Peut-il y avoir pire que cela ? Hélas oui !
L'usage des drogues, légales ou non, est un lien qui lie l'âme à l'ennemi premier de la race humaine. Vu la gravité du cas que vous avez présenté sur ce blogue, j'ose vous partager une expérience
que je n'ai racontée qu'à deux prêtres, en plus de mon épouse. Tous les deux, nous assistions un prètre dans son ministère auprès des toxicomanes de la rue. Chaque lundi soir nous étions à
l'Accueil Émilie au sous-sol d'une église de Montréal. Le prêtre célébrait la messe après quoi il y avait le souper préparé par des religieuses et des bénévoles.
Après le souper il y avait un temps de partage libre entre les personnes présentes. Il faut dire qu'il y avait autant de bénévoles que de personnes à aider. J'agissais en temps que garde-du-corps
du prètre que je ne quittais pas d'une semelle.
Un soir que nous fêtions un événement spécial, la soirée se déroulait à la maison-mère de la communauté des religieuses. Alors que nous étions dans la foule, il me dit soudainement: "Vien avec
moi, la soeur à besoin d'aide". Et je vois l'une des religieuses venir vers nous et un homme marcher près d'elle. Cet homme avait un air hautain, narquois, un grand sourire sur les lèvres. Il
portait des vêtements qui semblaient dans le très haut de gamme. Il dégageait un air de supériorité orgueilleuse et j'aii pensé que ce devait être un leader de la pègre locale. Mais, que venaiti-il
faire dans un tel endroit ?
En nous rejoignant, la religieuse dit simplement, en s'adressant au prètre : "Père, faites-le sortit d'ici." Sans qu'un seul autre mot ne soit prononcé, nous nous sommes dirigés vers la sortie de
la salle. L'homme se dirigea ensuite vers l'escalier menant au rez-de-chaussé où se trouvait la sortie extérieure alors que le prêtre et la soeur s'arrêtaient; comme je pensais escorter
l'indésirable jusqu'à l'extérieur, le pêtre me commanda de rester avec eux. L'individu étant hors de notre vue, le prêtre me demanda si je n'avais rien remarqué de spécial. Sur ma réponse négative,
la soeur s'exclama, en me regardant: "Il n'avait pas de pieds!" Et le prêtre ajouta : "Il est venu se pavaner à travers ses sujets!"
Cet événement est lourd de sens. N'étant qu'un simple laîc, je ressentais intérieurement que cet individu était indésirable en ce lieu. La religieuse, personne de vie consacrée, a le charisme de
son état. Elle a donc vu ce détail physique qui m'avait échappé, détail révélateur sur l'identité de l'intrus. Cependant, elle n'avait pas pouvoir de l'expulser des lieux. Le prêtre se rendit
compte de ce qui se passait et le pouvoir de son sacerdoce fit qu'il n'eut même pas à ordonner l'expulsion. L'indésirable s'en alla. OUF!!! Pauvre de moi qui espérait le sortir cul par dessus tête
tellement il m'était antipathique!
J'ai eu la chance de lire aussi des avis de personnes d'Église ayant l'expérience de l'aide aux drogués et ces personnes soutiennent le même avis: les drogues lient le consommateur au prince
des ténèbres.
C'est pourquoi l'avis donné par le canoniste devrait s'appuyer non sur les lois humaines qui changent au gré du vent, mais sur ce fait que la drogue est un piège pour l'âme mortel pour l'âme et que
le pasteur qui nourrit ses agneaux malades en leur donnant un mets empoisonné n'est sûrement pas en état de sobriété spirituelle, c'est le moins qu'on puisse dire.

Je vous prie de me pardonner la longueur de ce commentaire mais je pense que la situation le réclamait.
Humblement vôtre.
Roger Bélanger


LETTERI Gerard 02/02/2010 17:16


La démonstration du canoniste Peters peut se résumer en disant : "Ce qui importe c'est que mes mains restent pures meme  au prix de ne plus avoir de mains...."
En voilà un qui devrait sortir du monde des livres et des codes pour s'interesser un peu au monde des hommes !

Gerard LETTERI 


Jean-Pierre Dodge 02/02/2010 16:30


A tous les cathophobes, promoteurs du moindre mal. La gangrène de l’Église. Des membres en règle par leur seul baptême, mais en putréfaction, qui complotent sans retenue, sans détour, sans
discernement sur tout ce qui est Église – pourvu que ça s’appelle Église catholique ! Ils empestent comme l'Enfer par leurs discours arrogants rancuniers et mensongers avec lesquels se gargarisent
les médias de la désinformation. Ce sont les fidèles de la rue, certains logent au presbytère, certains même à l’évêché – ne soyons pas dupes, les mauvais pasteurs furent depuis fort longtemps
avertis : « Malheur ! Des pasteurs qui laissent dépérir à l’abandon le troupeau de mon pâturage – oracle du Seigneur ! […] C’est vous qui avez laissé à l’abandon mon troupeau, l’avez dispersé ;
vous ne vous en êtes pas occupés. Or moi je vais m’occuper de vous en punissant vos agissements pervers – oracle du Seigneur. » Ces cathophobes sont des tenants de la doctrine relativiste et
d’opinions réactionnaires. Le Saint-Père dénonce le péché – ou peu importe d’ailleurs ce qu’il dénonce ou prône, ils dénoncent le Saint-Père. Ils sont valeureux en gangs et très visibles dans les
manifestations avec pancartes, slogans et boutonnières. Ils sont passés maître à étouffer leur propre conscience – signe certain qu’ils sont sous la gouverne de l’Enfer railleur. Mais au fait, si
on leur posait la question : Pourquoi êtes-vous donc catholique ? Fondez-vous une Église de protestataires, et édictez vous-mêmes vos lois ! Un pape dénonce la contraception, le sida, le condom, ou
la drogue, etc., cela les touche droit au cœur et les fait aussitôt bondir dans la rue avec leurs pancartes. Parce que, voilà justement l’accommodation pour le moindre mal qui en prend un bon coup
; leur bonne conscience est attaquée de plein front. Même si l'on n'est pas d'accord avec le pape, le chrétien sait qu'il doit être respectueux. L'apôtre Jude désigne le fait d'injurier les
dignités comme un signe des derniers temps où l'apostasie (la déchristianisation) prévaudra. Même l'archange Michel était respectueux de Satan, quand bien même il devait le condamner. « C’est de la
même façon que ces gens-la, dans leur délire, souillent la chair, méprise la Souveraineté. » Le Pape Jean-Paul II, dans l’Encyclique « Veritatis Splendor » a voulu faire comprendre, tout de suite
après avoir parlé des actes intrinsèquement mauvais, quelles étaient les graves conséquences pour l’âme, du choix volontaire de tels actes intrinsèquement désordonnés : « En montrant l’existence
d’actes intrinsèquement mauvais, l’Église reprend la doctrine de l’Écriture Sainte. L’Apôtre Paul l’affirme catégoriquement : « Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni
dépravés, ni gens de mœurs infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu’ivrognes, insulteurs ou rapaces, n’hériteront du Royaume de Dieu » (1 Co 6, 9-10). » Le pape a tiré cette conclusion : « De
ce fait, les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte « subjectivement » honnête ou défendable comme choix. »
Jean-Paul II faisait lui-même écho à Paul VI. Comme il n’y a pas d’exception, lors de son désormais célèbre voyage en Afrique, en mars 2009, Benoît XVI réaffirmera la position de l’Église par des
propos semblables (sur la manière de se préserver de maladies en rapport avec le sexe) et les critiques les plus méchantes et les plus méprisantes, voire injurieuses, lui sont tombées dessus
immédiatement, de tous bords et surabondamment. Que faut-il en penser ? Ce sera de nouveau le tollé général et la descente aux barricades. Le caractère grossier et malhonnête des attaques contre le
pape est ressorti de ce qu'on a sorti complètement de son contexte une phrase qu'il a dite, et qu'en outre, on a isolé et déformé cette phrase. Le pape insistait sur le fait que le mariage a un
coté humain et spirituel, et que l'on court à l'échec si on fait du sexe sans vergogne en se bornant à chercher à se préserver mécaniquement des maladies. Ceci est correct. Les critiques grossières
et malhonnêtes, et à peu près unanimes dans les medias français, soulignaient à l’époque le degré élevé de haine contre l'Église. Ces attaques sont-elles anormales, accidentelles, évitables ?
Vont-elles se calmer ou s'aggraver ? Pourquoi Dieu permet-il ces attaques si ce que le pape a dit est la vérité ? Ce genre de discours secoue l’Église de partout. Puisqu’il faut une hiérarchie même
dans la contestation, il y a les ambigus, moins visibles parce que justement trop visibles, les chefs spirituels qui approuvent le courage des cathophobes par leur silence suspect et troublant, ou
par leurs déclarations ambivalentes, floues, obscures et équivoques – toujours au nom de la même Église. Il apparaît que la clarté de langage et le courage ne sont pas les plus grandes vertus de
certains pasteurs de l’Église qui passent le plus clair de leur temps à « réfléchir sur une dissertation », à « examiner la situation » et à « former des comités sur la question » – on ne les
entend guère défendre le pape ou l’Église. Ne soyons pas dupes. Lorsque les laïcs réclament du Vatican plus de liberté – comprendre : plus de libertinage, un grand nombre d’ecclésiastiques prient
en silence pour que dans cette foulé on leur accorde le droit au même libertinage. Lorsqu’une certaine presse annonce que « pour 50 % des catholiques, le pape défend mal leurs valeurs », un évêque
de France s’écrit : « Je souffre et j'espère pour l'Église. » Il ajoute du même souffle : « Si nous imposons des principes moraux aux fidèles, nous créons un déséquilibre grave. » (Sic) Après de
tels propos – probablement partagés par de très nombreux ecclésiastiques – les cathophobes n'ont plus rien à ajouter : ils savent désormais qu'ils ont toutes les chances de ne trouver en face d'eux
qu'un clergé sans foi, mou ou sans envergure qui leur balise un large chemin bien pavé vers l’Enfer. De ce fait, il est devenu légitime pour les véritables fidèles catholiques, « les papistes », «
le petit reste », de penser qu'ils ne pourront guère compter sur le courage de leurs pasteurs pour les guider à travers des temps encore plus difficiles qui se pointent déjà à l’horizon. « Il y a
un grand trouble en ce moment dans l’Église, confiait déjà Paul VI à Jean Guitton, et ce qui est en question c’est la foi. Ce qui m’effraie quand je considère le monde catholique c’est que, à
l’intérieure du catholicisme, semble prévaloir parfois un courant non catholique et qu’il peut arriver que ce courant non catholique à l’intérieur du catholicisme l’emporte demain, mais il ne
représentera jamais la pensée de l’Église. Il faut que subsiste un petit troupeau, aussi petit soit-il. » Comment des catholiques, laïcs ou ordonnés, peuvent-ils braver Dieu de la sorte ? Parce
que, en bout de mire, la cible c’est Dieu lui-même qui patiente encore un peu – un peu trop longtemps diront certains. La réponse est simple : C’est l’Enfer à l’œuvre, c’est la crucifixion
perpétuelle, celle des temps modernes – l’œuvre maléfique et l’heure du sacrilège : « Écoutez bien ce que je vais vous dire : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. » Remarquer bien
que le futur demeure…