L’arrière-plan financier de l’option de religieuses pour l’ObamaCare

Publié le par Daniel HAMICHE


Contrairement à l’opinion de George Wesolek, de l’archidiocèse de San Francisco, la dissidence de groupes de religieuses (Catholic Health Association, CHA) et Leadership Conference of Women Religious) vis-à-vis de l’enseignement sociale de l’Église et de l’autorité des évêques, ne tient pas qu’à des motifs idéologiques – encore que ces derniers soient indéniables. Il y a aussi tout un arrière-plan financier dont il me faut bien dire quelques mots.
Le millier de milliards de $ que le gouvernement fédéral se dispose déverser au cours des dix prochaines années pour sa réforme de la santé en subventionnant les assurances-santé afin de les rendre accessibles à plus de 30 millions d’Américains, est une manne dont vont profiter les industriels de la pharmacie et de la santé. Plus de patients, c’est plus de médicaments et de journées d’hôpital vendus.
La Catholic Health Association est une organisation commerciale et non une association à but non lucratif. Dans un article publié sur le site de Catholic Advocate le 23 mars dernier, Anne Henderschott, titulaire de la chaire de Philosophie politique et d’Économie au King’s College de New York, s’interroge sur les implications financières des choix de ces religieuses.
  • « Bien que les hôpitaux catholiques et les maisons de retraites catholiques aient été créés au service des pauvres, et que la plupart de ces établissements ont fait un magnifique travail, le Wall Street Journal révélait récemment que certaines entreprises de santé catholiques à but non lucratif étaient devenues fort lucratives. En 2008, le Journal a publié une série d’article sur la transformation d’hôpitaux à but non lucratif en “machines à profit” comme les qualifie le journaliste. Le Journal souligne que Ascension Health, un système de santé catholique à but non lucratif et qui gère 65 hôpitaux, la plupart dans le Midwest et le Northeast, a annoncé un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de $ pour l’année fiscale arrêtée au 30 juin 2007, et des actifs nets (trésorerie + investissements) de 7,4 milliards de $… beaucoup plus que nombre de grandes entreprises… beaucoup plus d’actifs que n’en possède Walt Disney Co.
  • Certains des hauts dirigeants des institutions membres de la CHA [présidents et directeurs généraux] sont parmi les administrateurs hospitaliers les mieux payés du pays (…) ».
Quelques chiffres, en effet, qui font réfléchir : Lloyd Dean, directeur général de Catholic Healthcare West : 5,3 millions de $ par an ; le directeur général de Ascension Health : 3,3 millions de $ par an. Quant à sœur Carol Keehan, comme présidente et directeur-général de CHA elle a touché un salaire de 856 093 $ en 2006 – mais son salaire est réglé directement à sa congrégation religieuse –, et son assistant spécial, Fred Caesar, un salaire de 198 112 $ en 2006, les très hauts dirigeants de CHA ayant des salaires atteignant ou dépassant les 300 000 $ annuels.
Alors, l’idéologie… je veux bien. Mais n’oublions pas les gros sous. Après tout on peut vouloir le beurre et l’argent du beurre.





Publié dans Hôpitaux catholiques

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Charles Éd. 29/03/2010 12:28


Quod Erat demonstrastum. Et voilà j'attendais que l'on en parle. Je savais qu'elle recevait tout un salaire mais j'avais oublié le montant. Comme vous comprenez ce n'est pas de la plume
d'Obama dont je parlais en un commentaire récent.
Merci de nous donner l'heure juste.
Je dois à la vérité dire que j'ai une connaissance décédé à 93 ans qui a résidé chez les soeurs en plein centre de Boston. Il n'avait que 50,000$ à son arrivée et la pension mensuel
s'élevait à 2,600.$ ce qui n'inclue pas les médicaments. il y est demeuré plus de 13 ans et elles l'ont gardé sans exiger plus qu'une partie de la rente mensuel qu'il recevait de l'État soit 965.$
et elle lui laissait 150.$ pour ses sorties car il était un amateur d'opéra.


Perpétue 28/03/2010 14:06


Alors je comprends qu'avec un salaire de 856 093 dollars par année le président ne lui ait donné qu'un stylo. Le voeu de pauvreté oblige, quoi!