L’histoire de Simon Bruté de Rémur racontée par l’archevêque Buechlein d’Indianapolis (VII)

Publié le par Daniel HAMICHE

 

 

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Dans les environs d'Emmitsburg. Le type de paysages arpentés par le Père Bruté

 

 

VII.

La passion du Père Simon Bruté d’être prêtre aux Etats-Unis

éclate au grand jour

 

 

Bien que l’essentiel du ministère assigné au Père Simon Bruté comme prêtre sulpicien fut d’enseigner au Mount St. Mary’s Seminary and College d’Emmitsburg (Maryland), le futur évêque de Vincennes fut de manière éminente un pasteur pour la population d’Emmitsburg.

Simon Bruté était un prêtre savant, mais il était aussi recherché pour administrer les sacrements. Des notes du Père Bruté permettent de retracer une journée de sa vie sacerdotale. Elles ne sont pas écrites avec du style avec l’objectif d’être publiées, mais il est important de retranscrire certaines de ses notes pour apprécier son cœur pastoral.

Simon Bruté se lève à 4 h 30 ou à 5 h. La journée commence par une prière et une méditation devant le Tabernacle. Parfois, il assiste à la Messe de l’un de ses confrères. Vers 8 h, après le petit-déjeuner, il retourne à la chapelle du Mont pour prendre le Saint Sacrement afin de l’apporter à pied, en traversant les bois, à une femme âgée et malade. Il prie le chapelet sur son chemin. Il administre le sacrement à la personne malade et, en une occasion, prépare son époux à la première communion. Vers 9 h 30, il prie les Psaumes et chante des hymnes sur le chemin qui le mène à l’église paroissiale d’Emmitsburg. De là, il va apporter le Saint Sacrement à une personne de qualité éloignée de l’Eglise depuis des années et scrute avec elle l’état de sa foi. Vers 10 h 45, il est de retour à l’église paroissiale pour administrer le baptême à un enfant. Il bavarde avec sa mère « qui traverse de grandes difficultés ». Après cela, il rend visite à plusieurs autres personnes grabataires. A midi, alors qu’il est rentré au Mont, il rencontre une femme allemande âgée qui attendait de le voir. Elle n’a pas été administrée depuis dix ans parce qu’elle a été malade et est estropiée. Elle lui demande son assistance pastorale et il l’invite à rester à déjeuner.

Vers 13 h 30, le Père Bruté est de retour à l’église d’Emmitsburg pour prendre le Saint Sacrement qu’il va porter à d’autres malades. Il administre le sacrement des malades à une personne en train de mourir. Il explique la signification de ce sacrement à tous les présents, parmi lesquels des protestants. A 16 h, il va entendre la confession d’un autre malade. Sur son chemin de retour vers le Mont, toujours à pied, il prie l’Office (la liturgie des Heures). Une fois arrivé, il prépare des enseignements qui seront donnés lors du sacrement de Confirmation.

« Et à présent, écrit-il, j’écris ces notes. Mais un millier de détails, de pensées et d’actes ne sont pas dits. Comme elle est merveilleuse la journée d’un prêtre. » En marge, il récapitule le kilométrage qu’il vient d’accomplir : près de 30 miles, soit plus de 42 km. On trouve d’autres notes traitant de son émouvante sollicitude pastorale et de son attention pour les esclaves Noirs des environs.

« Qu’ai-je fait pour la maison ? Révisé le deuxième cours de latin. Eu une conversation devant Dieu avec l’un des jeunes gens. Leçon de latin. Révisé le troisième cours de français. Leçon de latin à Guy Elder. Eu une conversation avec un autre jeune homme qui est venu me consulter… ».

Dans un autre ensemble de notes sur ses activités pastorales d’une journée, on peut lire : « Je me souviens avoir parlé à 62 personnes – très probable – pour ce qui est d’affaires liées à la religion et à leurs devoirs. Donné une courte exhortation à la Messe, étant aujourd’hui la saint Ignace. »


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On trouve d’autres notes montrant que le Père Bruté ne cessait de lire et d’étudier : « Nuit de samedi, le 14, j’ai reçu de Baltimore plusieurs [livraisons] de l’Edinburg Review et le Against the Eternal Generation of Jesus Christ de Stuart. Dimanche 15. Déjà lu entièrement le livre de Stuart, et écrit une longue lettre de remarques le concernant à Elder. Participé à toutes les obligations de la journée à Emmitsburg. Dans la soirée, lu, en partie sur la route, en partie à la maison, l’essentiel de l’Edinburg. Lundi. Ce jour j’ai fini l’Edinburg, fait une dizaine de longues notes sur l’article consacré au Journal d’O’Meara, et deux à l’article sur les œuvres de Duprat, avec quelques recherches dans mes livres sur certains points pour ces notes. »

Il signale qu’il a également terminé de dresser une carte des Etats ecclésiastiques pour le cours de géographie et donné un cours de théologie puis un cours de philosophie. Puis il est reparti pour répondre à l’appel d’un malade « et l’habituelle et joyeuse routine du prêtre : prière, médiation, Messe, bréviaire, chapelet, visite au Saint Sacrement, etc. ». A la fin d’un ensemble de notes, il écrit : « Dieu, Dieu, Dieu, tout au long de la journée ! ».

Ce n’était pas le plan de Dieu que le Père Bruté soit missionnaire aux Indes, mais il fut un zélé missionnaire au Nouveau Monde. Il adorait administrer les sacrements à son peuple. Même quand il prenait soin de ses jeunes séminaristes, il portait une attention particulière aux pauvres et aux personnes âgées. Son cœur pastoral a du s’épancher d’abondance aux séminaristes.

 

 

Demain :

VIII. L’apostolat du Père Bruté auprès d’une future sainte

 

 

© Most Rev. Daniel M. Buechlein, Archbishop of Indianapolis (Indiana).

© Daniel Hamiche pour la traduction française.

 

 


 

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