Le scandale, la purification et la persécution : une réflexion de LifeSiteNews

Publié le par Daniel HAMICHE

 

Dans une très belle analyse publiée avant-hier, John-Henry Westen de LifeSiteNews s’interroge : « L’Église catholique est-elle entrée dans ce temps de purification que Ratzinger avait prédit » ? Voilà qui mérite d’être lu et médité. Et c’est un texte assez long pour vous occuper une partie de cette journée…

  • « Les coups de boutoir quasiment ininterrompu contre l’Église catholique au cours du dernier mois sur le scandale des abus sexuels, ont laissé la plupart des catholiques abasourdis et ont alimenté le délire des médias voyant dans ce scandale une occasion d’abattre l’archi-ennemie de la révolution sexuelle. Le dernier avatar du scandale des abus sexuels est différent de ce qui s’est passé au Canada et à Boston il y a des années. Il comprend de nouvelles et désastreuses révélations quotidiennes de toute l’Europe et de l’Amérique du Nord, qui sont traitées avec abondance dans les médias.
  • Depuis plus de trente-cinq ans, le pape Benoît XVI a prévu que l’Église irait se rétrécissant mais serait plus fidèle. Dans son livre de 1970, Glaube und Zukunft, qui reprend cinq exposés que celui qui était alors l’abbé Joseph Ratzinger prononça en 1969 dans des radios de Bavière et du Hesse, il mentionne pour la première fois cette prédiction.
  • Dans ces exposés, le futur pape déclarait : “ De la crise contemporaine, une Église émergera demain qui aura beaucoup perdu. Elle sera plus réduite et, dans une large mesure, aura à recommencer depuis le commencement. Elle ne sera plus capable de remplir les grands bâtiments qu’elle créa à l’époque de sa grande splendeur. En raison du nombre réduit de ses fidèles, elle perdra beaucoup de ses privilèges dans la société.”
  • Discutant de cette affaire avec mes confrères, le consensus fut que cette crise fait absolument partie d’une purification prévue de longue date. Malheureusement, cependant, cela arrive dans un contexte confus. Il serait plus facile de discerner la vérité dans un conflit patent entre le bien et le mal, là où, par exemple, certains dans l’Église défendent l’avortement ou, au moins, le “choix” en opposition à ceux qui se cramponnent à la défense du caractère sacré de la vie.
  • Mais le brouillard qui entoure cette crise démontre que le mal l’influence de tous les côtés.
  • La question des abus [sexuels] n’est pas uniquement liée au progressisme dans l’Église, comme ce fut le cas avec l’ancien archevêque de Milwaukee Rembert Weakland. Weakland fut un progressiste notoire, outre le fait d’avoir réassigné [de paroisse en paroisse] des prêtres ayant un passé d’inconduite sexuelle sans avoir mis en garde les paroissiens, et qu’il eut des relations homosexuelles alors qu’il assumait des fonctions d’archevêques. Weakland prit sa retraite en 2002 après que fut révélé le fait qu’il avait payé des centaines de milliers de dollars pris sur l’argent de l’Église à un ancien amant homosexuel qui l’avait menacé de révéler publiquement qu’il l’avait sexuellement agressé.
  • Mais les révélations incessantes et stupéfiantes d’abus sexuels pour le fondateur de la Légion du Christ, le P. Marcial Maciel Delgolado, montrent que cette crise touche même ce qu’on pensait être une oasis d’orthodoxie.
  • Cette crise me rappelle la prophétie du Christ en Matthieu 24, 24 quand il met en garde que des temps viendront où « les élus mêmes » seront trompés.
  • La foi d’un grand nombre est ébranlée quand même des évêques sont reconnus coupables non seulement d’avoir couvert un clergé d’abuseurs et même de l’avoir laissé faire en traînant des pieds, mais d’avoir eux-mêmes pris part à des abus sexuels et des activités perverses.
  • Les révélations d’aujourd’hui sur l’évêque norvégien Georg Muller sont dévastatrices. Muller, 58 ans, qui avait démissionné l’année dernière en se contentant de déclarer qu’il n’était pas fait pour la fonction, reconnaît aujourd’hui que la cause de sa démission c’est qu’il avait abusé d’un enfant de chœur âgé de dix ans voici vingt ans.
  • Dans une autre révélation dévastatrice de cette semaine, l’évêque retraité français Jacques Gaillot, du diocèse d’Évreux, a dit de son accueil en 1987 d’un prêtre canadien convaincu de pédophilie, qui plus tard continua à abuser des enfants en France : “À cette époque, c’est ainsi que l’Église fonctionnait.”
  • Mais, dans le même temps, la couverture médiatique du scandale doit être observée avec un œil très critique, comme nous l’avons constaté lors des récentes tentatives du New York Times de diffamations infondées du pape Benoît XVI.
  • Comme le souligne Colleen Raezler du Culture and Media Institute, les médias radio-télévisés ont poursuivi avec opiniâtreté leur objectif de diffamer l’église catholique pendant la semaine de l’année la plus sainte pour les catholiques.
  • ABC, CBS et NBC ont consacré 26 sujets pendant la Semaine Sainte au rôle préconçu du pape Benoît XVI dans le scandale des abus sexuels qu’affronte aujourd’hui l’Église catholique”, écrit-elle. “Un seul sujet fut consacré aux mesures que l’Église a adoptées ces dernières années pour empêcher les abus. Dans 69 % des sujets (18 sur 26), les journalistes ont adopté un discours qui présumait que le pape était coupable. Un seul a fait référence à la baisse récente des allégations d’abus contre l’Église catholique”.
  • Bien que les médias se soient concentrés sur l’Église catholique, c’est en fait une attaque contre le christianisme en général et la morale chrétienne. C’est pourquoi le pasteur luthérien John Stephenson a manifesté si vigoureusement sa défense du pape.
  • L’Église survivra-t-elle à cette crise ? Les croyants catholiques le soutiennent puisque le Christ a promis (Matthieu, 16, 18) que les portes de l’enfer ne prévaudront pas sur elle. Mais, comme l’a prédit le pape, ce sera probablement une Église plus réduite et plus pure.
  • Beaucoup de catholiques font monter leurs prières pour l’Église et pour le pape. Les Knights of Columbus encouragent tous leurs membres dans le monde entier à s’unir dans une neuvaine spéciale pour le pape Benoît XVI qui commencera le 11 avril, le Dimanche de la Divine Miséricorde, et qui s’achèvera le 19 avril, le jour du cinquième anniversaire de l’élection du pape Benoît XVI en 2005.
  • L’écrivain catholique canadien Michael O’Brien, un de mes bons amis, m’a parlé aujourd’hui de la crise. Michael met en garde sur la manière dont il voit les choses avancer du point de vue d’un avantage spirituel. Et tout en ayant un point de vue désolé, il demeure confiant.
  • Ce célèbre auteur du roman prophétique Frère Elijah m’a dit : “Il en a toujours été ainsi dans l’Église. Satan nous crible comme le blé. Dans une génération (si ce temps est encore accordé à notre Histoire), le libéralisme vieillissant et qui s’est menti à lui-même des Églises d’Occident aura disparu, comme le bois mort qui tombe de l’arbre. En même temps, la pourriture intérieure qui avait voulu se faire passer pour de l’orthodoxie aura été passée au feu de l’épreuve et de la tribulation, pour dire vrai : de la persécution” ».

 

 


Publié dans cathophobie

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Elise B. 10/04/2010 02:21



Je suis allée voir l'article du pasteur Stevenson sur Logia. Remarquable! Pourriez-vous nous en donner une traduction? Même s'il est long, cela en vaudrait la peine.



Geneviève 09/04/2010 14:16



Super analyse  !


Père Elijah, une apocalypse de Michael D.O'Brien, Editions Salvator : Un merveilleux thriller religieux à lire, à encourager à lire !... L'auteur par cet ouvrage met une claque
magistrale à ce détestable Dan Brown et ses romans abjects !