Pathétique cardinal Mahony…

Publié le par Daniel HAMICHE

 

mahony

 

 

Né en 1936, le cardinal Roger Mahony, archevêque de Los Angeles, a mené sa carrière épiscopale dans l’après Vatican II. Nommé évêque auxiliaire de Fresno (Californie) par Paul VI en 1975, Jean-Paul II le nommera successivement évêque de Stockton (Californie) en 1980 puis au siège prestigieux de Los Angeles, le plus gros diocèse américain, en 1985. Inévitablement, Jean-Paul II le créera cardinal en 1991. Les lecteurs attentifs de ce blogue savent que Mahony n’est pas ma marque préférée de cardinal, pour paraphraser les Tontons flingueurs.
Ce mardi, et malgré tous les efforts de l’archidiocèse, a été rendu public l’enregistrement de la déposition du 25 janvier dernier devant le tribunal du cardinal, dans l’affaire écœurante de Michael Baker, prêtre de l’archidiocèse de Los Angeles sous le “règne” de Mahony.
Quatre heures d’enregistrement vidéo pour une déposition pathétique de l’archevêque…
L’affaire Baker remonte à 1986 lorsque ce prêtre indigne confessa à l’archevêque avoir agressé sexuellement deux jeunes garçons. Soit dit rapidement en passant : Baker est actuellement sous les verrous pour dix ans pour 23 (vingt-trois !) abus sexuels sur des mineurs… et qu'il n'a pu être arrêté qu'en 2006 de retour d'un séjour “touristique” en… Thaïlande !
John Manly, un avocat représentant l’une des victimes de Baker, était présent lors de l’audition du cardinal et lui demanda si était d’accord pour dire « que la première chose que tout prêtre doit faire (…) quand on apprend qu’un prêtre a agressé sexuellement un enfant, c’est d’appeler la police » ? Réponse de Mahony : « Pas nécessairement » ! Un peu plus loin dans la déposition on l’entend dire qu’il n’a pas pu signaler les faits à la police parce que le prêtre ne lui a pas révélé les noms des victimes ou de leurs parents et que le formulaire à remplir pour la police exigeait de mentionner un nom… Mahony a reconnu ne pas avoir demandé à ses fonctionnaires archidiocésains de rechercher les victimes, d’autant plus, comme il le confesse, qu’il avait cru le prêtre quand ce dernier lui avait dit que les victimes étaient des « immigrés clandestins » repartis au Mexique et que de toutes les manières les agressions sexuelles ne s’étaient pas déroulées dans la paroisse. Cela fait-il une grosse différence ?
Après avoir suivi un traitement psychologique dans un établissement spécialisé, Baker fut replacé en ministère paroissial par Mahony et continua ses agressions sexuelles.
Le cardinal se contredit quand il prétend que Baker ne lui avait confessé en 1986 que des « attouchements » alors que dans une notification de l’archidiocèse en 2004, signée par Mahony, et adressée aux fidèles, il est dit que le prêtre avait eu « des relations sexuelles avec deux garçons de 1978 à 1985 ». Des « relations sexuelles », et pendant huit ans, ne sauraient se réduire à des « attouchements » ! Le cardinal se moque du monde.
La défense maladroite de Mahony fut de dire au juge « qu’il s’était contenté de croire que [Baker] avait vraiment l’intention de se corriger » et qu’il « avait cru tout ce qu’il lui avait dit ». Une bien coupable crédulité…
On a appris l’an dernier qu’un grand jury fédéral s’était interrogé de savoir si Mahony et l’archidiocèse étaient passibles de poursuites criminelles pour la manière dont ils avaient géré ce scandale particulier, un des nombreux scandales d’abus sexuels du clergé de l’archidiocèse, et qui a coûté la bagatelle de 2,2 millions de dollars aux fidèles !
Personne n’ignore que Mahony est « gay friendly », et que la directive du Vatican de 2005 prohibant l’entrée dans les séminaires de personnes homosexuelles, a été parfaitement ignorée par l’archidiocèse 1. Son porte-parole, le méprisable 2 Tod Tamberg, déclarait après la publication de cette directive : « Il y a des gens qui, d’après ce qu’ils ont appris des médias, vont penser : “Oh ! mon Dieu, cela veut donc dire qu’aucun homosexuel ne sera plus jamais ordonné prêtre” (…). C’est tout simplement faux » ! Ce qui est vrai, c’est que les abus sexuels du clergé de Los Angeles ont saigné l’Église de 600 millions de dollars…
L’avocat  Manly a estimé que les réponses du cardinal aux questions donnaient de lui une image peu flatteuse de la réaction de Mahony aux actes de Baker : « Toute personne sensée ne se serait jamais conduite comme Roger Mahony s’est conduit avec Michael Baker, à moins de vouloir le couvrir. »
« À moins de vouloir le couvrir »… C’est une bonne remarque et il faut s’attendre à d’autres révélations sur Mahony et sa clique dans les prochains mois. Attachez vos ceintures !


1. Il faut redire ici pour la enième fois que la crise des abus sexuels perpétrés par des prêtres dans l’Église n’est pas une affaire de pédophilie : entre 80 et 90 % des cas d’abus sexuels du clergé aux États-Unis furent commis sur des adolescents de sexe masculin (ce qu’on nomme l’éphébophilie) et non pas sur des victimes impubères.
2. Voyez sur ce personnage OCWeekly  du 4 février 2009.

 

 


 

 


Publié dans scandale "pédophile

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Jean-Marc 23/06/2010 19:46



Voir l'excellent film "Doute", un grand rôle pour Meryl Streep et Philip Seymour Hoffman (5 nominations aux oscars 2009).



Klenik 23/06/2010 18:44



Je ne mets absolument pas en doute tout ce que vous relatez, Monsieur Hamiche, mais nous sommes parfois - bien malheureusement - transportes dans le "sur-realisme"...


je ne voudrais pas etre l'auteur d'un vilain jeu de mots... mais ce sont ces pretres etc... qui auraient du 'attacher leurs ceintures de.. chastete'.


j'ai la desagreable pensee que si on 'couvre', on 'protege' de tels faits, de quel crime ce "on" est coupable ??


quelle est le but de tous ces crimes..?? .. mettre l'Eglise en etat de faillite, pour mieux l'affaiblir encore ??


avec de telles sommes, que de missions pourraient etre aidees dans le monde !! et pour en revenir a votre precedent article, comme les dioceses auraient les moyens d'investir pour faire revenir
des ames a la religion et ainsi les sauver.