Prop. 8 en Californie : un juge pyromane peut-il être impartial pour un incendiaire volontaire ?

Publié le par Daniel HAMICHE


Le titre un peu mystérieux de cet article va bientôt s’éclaircir pour le lecteur. Patience.
En novembre 2008, un référendum populaire était organisé en Californie pour appeler les électeurs à confirmer ou à infirmer la reconnaissance par l’États du “mariage” entre personnes de même sexe (de nombreux comtés délivrant de tels “certificats de mariage”). C’est ce qu’on a appelé la « Proposition 8 » (ou « Prop 8 ») qui disposait que « Seul le mariage entre un homme et une femme est valide ou reconnu en Californie ».
Avec un taux de participation de plus de 79 %, les électeurs californiens ont répondu « oui » à 52,24 % permettant l’inclusion dans la section 7.5 de la Déclaration des Droits de la Constitution de l’État d’un amendement ne reconnaissant comme “mariage” que l’union d’un homme et d’une femme.
Les partisans du “mariage” homosexuel n’ont pas accepté ce verdict populaire. Usant tour à tout de propagande et de manifestations (parfois violente), ils obtinrent plusieurs actions judiciaires visant à annuler le verdict populaire et le nouvel amendement.
Une action judiciaire est en cours devant un tribunal de district californien, à San Francisco, présidé par le juge Vaughn Walker.
LifeSiteNews d’hier rapporte une bien curieuse incongruité commentée dimanche dernier sur National Review Online par le juriste Ed Wheelan, président de l’Ethics and Public Policy Center – une organisation interreligieuse qui entend que puisse s’exprimer dans le débat politique les valeurs judéo-chrétienne –, sur la base de “révélations” publiées ce même dimanche par deux journalistes du San Francisco Chronicle, lesquels écrivaient : « Le plus grand secret de polichinelle de ce jugement qui fera date sur l’affaire relative au mariage entre personnes de même sexe qui est actuellement entendue à San Francisco, c’est que je juge fédéral qui sera appelé à rendre son jugement (…) Vaughn Walker, est lui-même gay. »
Tout en admettant qu’un juge homosexuel peut rendre des jugements impartiaux, Ed Wheelan signale que Walker a eu des positionss publiques hostiles à la Prop. 8 avant et après le référendum, et que le cadre de l’audience Walker a accepté que viennent défiler à la barre en qualité de témoins un très (trop) grand nombre de militants de la cause du “mariage” homosexuel, dans le but de leur offrir une tribune. Pour Wheelan, c’est une preuve supplémentaire que Walker utilise le tribunal pour faire avancer la cause du “mariage” homosexuel. Et il conclut : « En raison de son incapacité patente à être impartial, Walker aurait du se récuser lui-même avant que ne s’ouvre cette audience, et il est toujours dans l’obligation de se récuser aujourd’hui. »
Une affaire très intéressante à suivre…



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Castelrey 13/02/2010 03:55


Juge est le métier le plus exigeant, après la prêtrise (qui est un sacerdoce)

A défaut d'être impartial, et d'avoir un grande clairvoyance autant que la plus grande

probité au moins les juges pourraient se recommander à Dieu. Faire se métier sans

craindre, c'est un peu comme danser la polka sur un champ de mines... 


Pierre Gabarra 11/02/2010 15:01


Un élément de réflexion fort utile, mais qui va très loin. Vous l'appliquez à la question de l'homosexualité, mais qu'est-ce qui s'opposerait à l'étendre au-delà ? Quid du juge divorcé qui va se
prononcer sur la question d'un divorce ? Quid de la personne malhonnête qui va juger quelqu'un pour vol, ou encore, après tout pourquoi pas, du magistrat, payé par un Etat endetté jusqu'au-delà de
sa tête, qui va reprocher sévèrement à un entrepreneur d'avoir masqué l'état de cessation des paiements de son entreprise ? Au-delà de l'anecdote, la question pose le problème très réel de
l'exigence d'une qualité morale affermie pour des candidats à la magistrature. Rude débat !