Un hôpital catholique du Colorado coopère-t-il matériellement au mal ?

Publié le par Daniel HAMICHE

 

MRMC

 

 

La théologie morale traite de la question de la « coopération matérielle » avec le mal. Qu’est-ce à dire ? La coopération matérielle, c’est quand le

  • « coopérateur ignore ou, en sachant, réprouve l'intention mauvaise de l'autre et le caractère peccamineux de l'acte (…) On sait que l'acte auquel on concourt est mauvais ; mais on ne voudrait pas qu’il fût fait, on le réprouve. Comment apprécier cette coopération ? a) Elle est illicite en principe. À ne considérer que le cas lui-même, abstraction faite de données qui le compliquent en faisant que nous pouvons difficilement nous dérober, il n'échappe pas à la complicité proprement dite. J'ai beau fixer mon intention, je sais que mon attitude sert effectivement au mal. Je n'ai pas le droit de m'y prêter. » (Cours de théologie morale, La Charité, du P. Michel Labourdette, op).

Un cas de coopération matérielle au mal vient d’être débusqué dans un hôpital catholique : le Mercy Regional Medical Center (MRMC) de Durango (Colorado, diocèse de Pueblo) qui a été racheté par Catholic Health Initiatives, le n° 2 (ou 3) des réseaux de santé catholiques aux États-Unis.
Le Dr. Richard Grossman est médecin obstétricien et gagne convenablement sa vie en travaillant quatre ou cinq jours par semaine à accoucher des femmes au MRMC. Mais, et c’est là que commence le problème, ce médecin consacre aussi une journée par semaine à pratiquer des avortements à Planned Parenthood de Durango, ce qui lui procure sans doute une “rallonge” de salaire, laquelle ne suffirait pas à le faire vivre, mais surtout convient mieux à ses sentiments profonds : il est pour l’avortement, la stérilisation et le malthusianisme.
Depuis 2007, les organisations pro-vie de Durango se sont émues qu’un hôpital catholique paie les services d’un médecin avorteur. La chose ne choque pas l’hôpital qui estime que, tout en réprouvant les avortements pratiqués par le Dr. Grossman, tant que ce médecin s’en tient à la réglementation de MRMC quand il y travaille, l’établissement n’enfreint pas la morale catholique.
Or, parmi les règles édictées par la Conférence épiscopale américaine, la n° 45 est autrement claire :

  • « Les établissements de santé catholiques ne doivent pas offrir des services d’avortement, même fondés sur le principe de la coopération matérielle [dans ce dernier cas] les établissements de santé catholiques doivent se préoccuper du danger de scandale d’une quelconque association avec des fournisseurs d’avortement… »

Voilà qui est clair : MRMC devrait soit demander au Dr. Grossman de cesser ses pratiques avorteuses à Planned Parenthood, soit se séparer de lui, sous peine de commettre l'action peccamineuse de coopération matérielle au mal. Mais MRMC reçoit des subventions fédérales, or la loi américaine prévoit que tout établissement qui prendrait des mesures discriminatoires contre quiconque pratique des stérilisations ou des avortements perdrait son droit aux subventions fédérales…
Pour l’heure, MRMC préfère le confort de son compte en banque au service de la vérité catholique dans le domaine de la santé. Des catholiques critiquent cette attitude car pour eux une Église qui tolère des avorteurs dans les équipes médicales des hôpitaux catholiques n’est plus une Église prophétique mais une Église mise en échec et mat par la culture de mort. L’affaire se complique encore quand on sait que Catholic Health Initiatives a soutenu la manœuvre de la majorité sénatoriale qui permis de mettre un terme au débat sur le financement de l’avortement dans l’ObamaCare et le vote du projet de loi sénatorial le 21 décembre dernier. Ceci pourrait expliquer cela…

À l'heure où j'écris ces lignes l'ordinaire du diocèse de Pueblo ne s'est pas manifesté.

 

 


Publié dans évangile de la vie

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Gerald 29/07/2010 15:31



Dans le même sens que Christine, il suffit d'aller sur Ameli.fr, le service ameli-direct permet de connaître les prestations et les tarifs proposés par les professionnels de santé. Rares sont les
gynécologues-obstétriciens employés par les maternités catholiques (officiellement catholiques) à ne pas proposer sur leur fiche ameli la "pose d'un stérilet".



Christine 15/06/2010 14:31



On pourrait parler en France de la cliniques des Franciscaines, à Versailles, qui n'est plus officiellement catholique autant que je sache, mais qui est passé entre les mains d'un privé qui vous
offre maintenant discrètement stérilets et autres pratiques médicales qui ressortent du même registre que l'avortement...


Encore une trahison de nos clercs...



Roger Bélanger 15/06/2010 12:54



Oh pardon!


L'erreur est humaine ! Lire ZENIT.ORG dans le commentaire précédent.



Roger Bélanger 15/06/2010 12:50



Bonjour Perpétue !


Le problème est la confusion répandue par le menteur dès l'origine. Cette confusion est si généraliseé et si étendue qu'elle recouvre l'ensemble de l'humanité et donc de l'Église aussi. C'est
malheureux ! Et chacun chacune peut sûrement s'en rendre compte facilement au quotidien.


Ce n'est pas sans raison que le Saint Père Benoît XVI vient, à la fin de l'Année Sacerdotale, de sermoner les théologiens. On peut lire un commentaire de son allocution sur le site ZENTI.ORG en
date du Vendredi 11 juin 2009 (ATTENTION: il s'agit en fait d'une erreur de datation, comme avec le Carbone 14 peut-être ! :0 ) ; il faut lire 2010. Le titre de l'article: "Le Catéchisme de
l'Église Catholique, «critère sûr» pour la théologie.


Comme les paroles du pape sont lourdes de sens et très pertinentes je pourrai vous transférer l'article original et mes commentaires si vous ne pouvez le retrouver sur le net.


Le commenter ici déborderait largement le sujet de ce blog.



Perpétue 15/06/2010 08:03



C'est très difficile de mettre les pieds dans un hôpital (surtout laïque ) ces jours-ci pour accoucher, car l'on ne sait pas si le médecin auquel on a affaire n'est pas tantôt accoucheur tantôt
assassin, et si des avortements n'ont pas lieu dans la salle d'à côté.