Une insigne relique, donnée par un Français, dérobée à la cathédrale de Boston

Publié le par Daniel HAMICHE

 

Boston Crucifix reliquaire

 

 

La chapelle du Saint Sacrement de la cathédrale de la Holy Cross (Sainte Croix) de Boston (Massachussetts), abrite un grand crucifix dont le socle contient – je devrais écrire : contenait – un petit reliquaire en verre contenant un éclat du bois de la Croix. Le reliquaire et son précieux contenu viennent d’être dérobés. Selon la police, le vol a du s’accomplir entre 22 h le 30 juin, et 8 h le 1er juillet. L’enquête n’a révélé aucune effraction. La police s’interroge : l’absence de témoins ou d’indices limite, pour l’heure, ses recherches sur eBay, ce site de ventes aux enchères où l’on trouve tout et n’importe quoi et notamment une dizaine d’offres « d’authentiques reliques de la Croix » dont les prix s’échelonnent de 105,49 $ à 3 800 $…

Or, cette relique a une histoire et une histoire à laquelle sont liés deux prêtres Français.

L’abbé Claude de la Poterie en fut le premier détenteur connu. Aumônier de la Marine royale, le prêtre débarqua à Boston et l’on sait qu’il y célébra la première Messe catholique publique dans cette ville le 2 novembre 1788 dans un ancien temple huguenot située sur School Street. Le prêtre fut bientôt rejoint par un autre Français, l’abbé Louis Rousselet, et ce sont ces deux hommes qui établirent une présence catholique à Boston, ville jusque là violemment anti-catholique. La première église catholique construite à Boston fut inaugurée le 29 septembre 1803 sur Franklin Street : elle prit le nom de Holy Cross du fait que l’abbé de la Poterie qui la desservait y avait installé sa relique de la Sainte Croix.

Lors de l’érection de Boston en diocèse, en 1808, l’église de la Holy Cross devint cathédrale sous le même vocable de Holy Cross, et l’abbé de la Poterie en fut le premier curé. Elle le demeurera jusqu’à 1875, année où la nouvelle et actuelle cathédrale – toujours sous le vocable de Holy Cross – sera inaugurée.

Mais le curé de la cathédrale avait, évidemment un évêque, lequel était aussi un de nos compatriotes : Jean Lefebvre de Cheverus !

Né sous Louis XV en 1768, Lefebvre de Cheverus fut ordonné prêtre le 18 décembre 1790 lors de la dernière ordination sacerdotale publique en France. Il quitta la France en 1792 pour l’Angleterre puis, appelé par l’abbé François-Antoine Matignon, émigré aux Amériques, il partit pour le Nouveau Monde et débarqua à Boston le 3 octobre 1796. C’est lui qui quêta les fonds nécessaires à l’érection de l’église de la Holy Cross, dont il est intéressant de noter que l’un des premiers souscripteurs fut John Adams, président des États-Unis ! Son zèle apostolique le désigna pour devenir le premier évêque de Boston (dont le territoire couvrait toute la Nouvelle Angleterre). Nommé évêque par Pie VII le 8 avril 1808, il reçut le sacre épiscopal à Baltimore le 1er novembre 1810, mais retourna en France en 1823 et termina sa vie comme archevêque de Bordeaux.

C’est à Lefebvre de Cheverus que l’abbé de la Poterie offrit sa précieuse relique dont l’évêque eut à cœur qu’elle orna désormais sa cathédrale comme elle ornait, jusqu’à peu, la nouvelle cathédrale du cardinal O’Malley, archevêque de Boston.

Le recteur actuel de la cathédrale, le P. Kevin O’Leary, a demandé à tous les fidèles de l’archidiocèse de prier pour le retour de la relique. Je crois que comme catholiques et comme Français nous aurons le cœur d’associer les nôtres à celles de nos frères américains.

 

Vous trouverez ici un petit reportage de FowNews sur cet événement qui fait grand bruit aux États-Unis…

 

 


 

Commenter cet article

castelrey 15/07/2010 06:18



C'est bien complexe : vous trouvez des images pieuses dans une brocante, elles ont appartenu à d'autres, vous ne savez pas comment ces personnes s'en sont servi, il faudrait pour bien faire avoir
assez de discernement pour savoir lesquelles récupérer...



Klenik 14/07/2010 13:03



il n'y a malheureusement aucune loi sur eBay pour la protection des biens du patrimoine 'religieux' et sur eBay americain, on trouve en ce moment grand nombre d'objets provenant des eglises
sud-americaines, objets tres recherches.


par contre, je ne pense pas que cet objet vole se retrouve sur ce genre de marche ; il y a comme partout un circuit souterrain, les collectionneurs commandent et un reseau de 'sans scrupules'
pourvoit a la demande


le mieux a mon avis, selon ses moyens, acheter et faire des dons a des eglises traditionnalistes (ce que je suis en train de faire pour des bouquins anciens sortant d'un couvent)


 



Greg 14/07/2010 09:48



Un bon réflexe: n'acheter aucun objet religieux sur un site de vente, d'enchère ou de brocante.