liturgie

Lundi 23 août 1 23 /08 /Août 14:23

 

C’est donc dans un peu plus d’un an, le premier dimanche de l’Avent 2011, que les nouvelles traductions en anglais de l’édition typique du Missel romain publié en 2002, prendront effet dans toutes les paroisses des États-Unis. C’est ce que vient d’annoncer, le 20 août, le cardinal Francis George, archevêque de Chicago et président – jusqu’à novembre – de la Conférence épiscopale des États-Unis. Les nouvelles traductions du Missel en anglais ont été approuvées par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements en juin dernier. Elles semblent, selon la plupart des analystes, plus proches de l’original latin et plus « poétiques » que les précédentes, et c’est précisément cet éloignement du texte original qui avait fortement suggéré d’en réviser la traduction. Certains pourront objecter non sans raison – ni sans une petite pointe d’humour — qu’il eut fallu mieux célébrer en latin le Missel de 2002, réservant le vernaculaire aux lectures et à l’homélie. Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer… Il est vrai qu’on aurait ainsi fait l’économie de beaucoup de temps, d’énergie et… de polémiques. Ces dernières ne sont d’ailleurs pas éteintes par l’adoption des nouvelles traductions du Missel. Pour le P. Thomas Reese, SJ, l’ancien patron – viré – de l’hebdomadaire des jésuites America, « c’est un retour en arrière qui va embrouiller les fidèles ». Les expressions comme « consubstantiel » ou « oblation » sont pour le P. Reese ou pour l’ancien évêque d’Erie (Pennsylvanie) Donald Trautman, absconses. À croire que les catholiques américains sont devenus d’un coup, après Vatican II, de véritables crétins. Qui pourrait le croire à part Reese et Trautman ? En tout cas, la conférence épiscopale a décidé d’appliquer ces nouvelles traductions suivant l’adage latin festina lente. Pour permettre, dit-elle, aux éditeurs de missels d’avoir le temps de les fabriquer et aux paroisses américaines de s’y préparer. C’est très sage, mais eut-on cette sagesse quand on est passé de l’ancien Missel au nouveau lors de la précédente réforme liturgique. Je demande à voir.

 

 


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Lundi 3 mai 1 03 /05 /Mai 07:00

 

L’annonce n’en a été faite que le 30 avril dernier, alors que le cardinal Francis George, archevêque de Chicago et président de la conférence épiscopales avait reçu depuis quelques semaines déjà la recognitio romaine par lettre du cardinal Antonio Cañizares Llovera, préfent de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, datée du 25 mars.

Ces nouvelles traductions plus fidèles à la troisième édition typique du Missel pour la forme ordinaire, plus proches du latin et débarrassées des nombreuses ambigüités de la précédente version, sont le fruit d’années de débats et de travail, une minorité d’évêques en ayant entravé le processus par des combats d’arrière-garde.

Le pape Benoît XVI a dit espérer que ce changement de traduction servira de « tremplin pour un renouvellement et un approfondissement de la dévotion eucharistique » dans tout le monde catholique anglophone, sous-entendant ainsi que les précédentes traductions n’y prédisposaient pas…

La nouvelle édition en langue anglaise du Missel est attendue pour la fin du printemps. Sa mise en application dans toutes les paroisses des États-Unis prendra sans doute du temps, et, en tout cas, ne passera pas dans les faits avant que le clergé et le personnel diocésain d’une part, toutes les paroisses d’autre part, aient reçu une catéchèse appropriée. À cette fin, notamment, la conférence épiscopale a créé un site dédié très bien documenté.

 

 

 

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Samedi 27 mars 6 27 /03 /Mars 14:42

Le Congrès de l’Éducation Religieuse (Religious Education Congress) est un des moyens qu’utilise le cardinal Roger Mahony, archevêque – sur le départ… – de Los Angeles (Californie) pour subvertir la foi catholique. Chaque année, cette manifestation réunit des dizaines de milliers d’enseignants catholiques (on parle de 40 000 pour cette année 2010) pour un lavage de cerveau en profondeur… Pour son dernier congrès, Mahony a fait fort en convoquant le lot habituel de dissidents chargés de “conscientiser” les enseignants catholiques. Ils seront à l’image de ceux qui se sont succédés depuis des années : une religieuse qui estime que la doctrine catholique prohibant la relation sexuelle en dehors du mariage est une « fixation », un prêtre réduit à l’état laïc venant faire de la retape pour le sacerdoce des femmes et leur épiscopat, un prêtre expliquant qu’on avait besoin de « modèles » de prêtres « vivant joyeusement leur homosexualité », un orateur – pas même catholique – venant déclarer qu’on ne devait pas interdire l’avortement, etc., etc.
Le congrès de cette année s’est tenu du 18 au 21 mars au centre des congrès et conférences d’Anaheim (Californie).
Voici un peu plus de 9 minutes de la « Liturgie de clôture » de ce congrès. Ahurissant !
Comme c’est désormais imprimé sur les bouteilles de boissons fortes : sachez apprécier, mais consommez avec modération…









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Lundi 18 janvier 1 18 /01 /Jan 11:45

Comme ne l’ignorent pas les lecteurs attentifs d’americatho, les évêques américains, lors de leur assemblée plénière de novembre dernier, ont adopté à une écrasante majorité (194 votes contre 20) les nouvelles traductions liturgiques – fruits de six années de labeur – plus conformes au latin de l’édition typique du Missale Romanum, désavouant le petit parti épiscopal mené par l’évêque d’Erie (Pennsylvanie) Donald Trautman (voir ici), qui voulait s’en tenir aux traductions fautives et mauvaises pour la foi des fidèles.
Ce petit parti, reste essoufflé et agonisant de “l’aile marchante”, aujourd’hui claudicante, de l’épiscopat américain des années 1970, ne s’estime pour autant pas vaincu et “fait donner” les bataillons décimés des laïcs progros et modernichons. Ces derniers, avec le soutien habituel du toujours progressiste National Catholic Register et celui “ineffable” d’America, l’hebdomadaire des jésuites américains 1, viennent de lancer une pétition exigeant un “moratoire” sur l’application des nouvelles traductions de la liturgie eucharistique. Une pétition intitulée « What If We Just Said Wait ? » (et si on disait simplement : attendons ?), prétend que leur application aura un « effet négatif sur la prière des fidèles et provoquera de graves divisions dans nos communautés. » Cette pétition a réuni moins de 12 000 signatures en un mois et pour tous les pays anglophones, ce qui est tout sauf un succès.
Toutefois, il ne faudrait pas traiter une telle initiative par-dessous la jambe, car en attendant la « réforme de la réforme », c’est une exigence minimum que les traductions liturgiques en vernaculaire pour la forme ordinaire soient conformes, autant que faire se peut, à l’editio typica – une préoccupation, faut-il le rappeler ?, dont on fait l’économie avec la forme extraordinaire…
Un jeune prêtre américain du Montana – je n’en dirai pas plus ici, non pas qu’il ne souhaite pas qu’on cite son nom, mais il préfère qu’on se concentre sur son initiative – vient de lancer une “contre-pétition” dont le titre répond à la précédente : « We’ve Waited Long Enough » (nous n’avons que trop attendu).
En voici le texte :

« Nous estimons que la traduction en anglais, qui vient d’être approuvée, du Missale Romanum, doit être appliquée le plus rapidement possible.
Nous estimons que l’Église, dans les nations de langue anglaise, a attendu beaucoup trop longtemps pour disposer d’une traduction précise et fidèle à l’original latin.
Nous estimons que l’actuelle traduction, utilisée présentement dans les nations de langue anglaise, aurait dû depuis longtemps être remplacée parce qu’elle a été faite en utilisant la méthode de la traduction dynamique, une méthode rejetée par le Vatican dans le document
Liturgiam Authenthicam 2.
Nous sommes en union avec les conférences épiscopales de langue anglaise, dans leur approbation de la nouvelle traduction.
Nous nous opposons à toute tentative de repousser cette nouvelle traduction. »


C’est une affaire de grand intérêt. Évidemment, comme Français (ou francophones), cette dernière pétition, que je ne peux que soutenir moralement, n’a pas à être signée par nous. Mais s’il se trouve des Français (ou des francophones) résidant habituellement dans des pays francophones – notamment aux États-Unis où se trouvent de nombreux lecteurs d’americatho – et pratiquant dans des paroisses de langue anglaise, je les invite à signer cette pétition. C’est ici.


1. Voyez ici. L’hebdomadaire préconise qu’on attende pour appliquer les nouvelles traductions non pas que les fidèles y soient préparés, mais que les traductions soient adaptées aux fidèles… Ce qui est un désaveu du long travail d’adaptation de l’International Commission on English in the Liturgy (ICEL) et un déni de la décision de l’épiscopat américain. La fidélité – perinde ac cadaver – des jésuites au Magistère n’est décidément plus ce qu’elle a été…
2. Instruction de la Congrégation pour le culte divin du 7 mai 2001. Voir ici.


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Samedi 2 janvier 6 02 /01 /Jan 18:11

Je vous avais signalé ici, le 27 octobre dernier, la violente opposition manifestée par Mgr Donald W. Trautmann, évêque d’Erie (Pennsylvanie) quant aux nouvelles traductions liturgiques du Missel de Paul VI, lesquelles furent approuvées à une écrasante majorité par l’assemblée plénière d’automne de la conférence épiscopale le 17 novembre (voir ici) par 166 voix contre 46 dont celle de Mgr Trautmann. Ce dernier ne supportait pas un certain nombre d’expressions qu’il jugeait incompréhensibles comme l’adjectif « ineffable ». Or, la Messe de la solennité de Marie Mère de Dieu, célébrée par le Saint Père en la basilique de Saint-Pierre de Rome le 1er janvier, était servie par de nombreux séminaristes du diocèse d’Erie. Dans son homélie, Benoît XVI a évoqué « cette icône mariale dans laquelle nous pouvons contempler quelque chose de Dieu Lui-même : un signe de l’amour ineffable (amore ineffabile) ». Je suppose que les séminaristes d’Erie auront bien compris le sens du mot « ineffable » que Mgr Trautmann juge incompréhensible, et qu’ils sauront le lui expliquer dès qu’ils seront de retour dans leur diocèse…




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Samedi 26 décembre 6 26 /12 /Déc 11:37

Sitôt l’incident survenu au Saint Père lors de la procession d’entrée à Saint-Pierre de Rome, un journaliste anonyme de l’Associated Press a rédigé une dépêche distribuée sans délai par l’agence puisqu’elle est datée du 24 décembre et du Vatican. C’est sans doute un des correspondants de cette agence américaine à Rome. Mais comment sont formés ces journalistes ? Je l’ignore. Ce que je sais, à lire la dépêche, c’est que certains ne sont pas mieux formés que leurs confrères français.
Voici ce qu’on peut lire :
« Benedict made no reference to the incident as the service started. As a choir sang, he sprinkled incense on the main altar before opening the service with the traditional wish for peace in Latin: “Pax vobis” (“Peace be with you”). The faithful responded : “Et cum spiritu tuo” (“And also with you”). »
Traduisons :
« [Le pape] Benoît [XVI] na fait aucune allusion à l’incident au début du service [célébration]. Tandis qu'un chœur chantait, il saupoudra [sic !] d’encens l’autel majeur avant de commencer le service par le traditionnel souhait de paix en latin : “Pax vobis” (“La paix soit avec vous”). Les fidèles y ont répondu [par] : “Et cum spiritu tuo” (“Et aussi avec vous”) ». Pas très fort en latin ni en actualité liturgique le journaliste ! La célébration a évidemment commencé par le plus traditionnel « In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti » ! Ensuite, la réponse des fidèles au « La paix soit avec vous », se traduit bien sûr par « Et avec votre esprit », désormais en anglais : « And with your spirit ». Ce sont les nouvelles traductions adoptées par le monde catholique anglo-saxon du Missel romain, plus proches de l’édition typique latine, et qui mettent un terme à des traductions fantaisistes, voire fautives…


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Lundi 21 décembre 1 21 /12 /Déc 15:41

J’ai rencontré l’évêque de Belleville (Illinois), Mgr Edward Braxton, en 2000 à St. Louis dans le Missouri alors qu’il était encore évêque auxiliaire de cet archidiocèse. Cet Afro-Américain devint évêque de Lake Charles (Louisiane) l’année suivante, puis en 2005 évêque de Belleville où il succéda à un autre Afro-Américain, Wilton D. Gregory.
Avec effet à partir de toutes les Messes célébrées depuis le week-end passé dans la paroisse de Corpus Christi de son diocèse, l’évêque exige que tous les fidèles soient agenouillés pendant la Consécration. C’est le sens de la lettre qu’il a fait parvenir au curé de la paroisse, Monseigneur James Margason, et que ce dernier a affichée dans son église. Qualifiée de « tout à fait prioritaire », la demande de l’évêque s’applique à cette paroisse où l’on a remarqué que même dans la partie ancienne de la nef où l’on dispose d’agenouilloirs les fidèles, depuis des années, demeurent debout pendant la Consécration. La presse locale s’interrogeait sur la manière de procéder dans les parties neuves de l’église où les agenouilloirs n’existent pas… Ils pourront faire ce que je fais moi-même : m’agenouiller à même le sol.
La capacité actuelle de l’église ne satisfaisant plus le nombre de fidèles (515 membres, le nombre ayant doublé en cinq ans), une nouvelle église plus vaste va être construite et tous les bancs disposeront d’agenouilloirs…



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Mercredi 18 novembre 3 18 /11 /Nov 15:27

Voilà six ans qu’une traduction anglaise acceptable pour le Saint Siège du Missel romain piétinait. Vous me direz que si la forme ordinaire était célébrée partout en latin, un tel problème n’aurait pas lieu d’être. C’est vrai, mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.
Les évêques américains réunis en assemblée plénière à Baltimore (Maryland) ont mis un terme à ce piétinement, sans doute un peu “aidés” par Rome qui avait indiqué comme date limite à l’approbation des nouvelles traductions la fin de ce mois, sous peine de prendre en main directement le dossier…
Les traductions qui viennent d’être approuvées le 17 ne sont sans doute pas parfaites, mais comme le faisait remarquer avec un humour qui n’est pas dépourvu de profondeur Mgr Arthur Saratelli, évêque de Paterson (New Jersey) et président de la commission épiscopale sur le Culte divin (nouvelle appellation de ce qui se nommait voici encore peu « commission sur la liturgie » – on sent là comme un léger infléchissement…), « la perfection viendra quand la liturgie terrestre cèdera la place à la liturgie céleste, là où tous les saints louent Dieu d’une seule voix. »
Farouchement opposé aux nouvelles traductions, plus fidèles à l’édition typique latine, Mgr Donald Trautman, évêque d’Erie (Pennsylvanie), qui mène depuis dix ans une guerre contre toute retouche aux traductions fautives du Missel romain (voir ici), a mené une ultime attaque contre la proposition de vote de l’ensemble des nouvelles traductions du président de l’USCCB, le cardinal Francis George, archevêque de Chicago (Illinois) ce qui a amené ce dernier à déclarer dans un soupir : « J’ai l’impression que nous vivons une guerre de guérilla ici ».
Trautman, sachant que le petit parti qu’il menait, opposé à l’acceptation des traductions, était ultra-minoritaire s’était lancé dans une opération de diversion canonique assez savoureuse au motif que la traduction des antiennes des psaumes responsoriaux avait été confiée par lassitude à Rome par le cardinal George, sans l’aval des évêques américains et que cela violait la constitution du concile Vatican II sur la liturgie ! Une manœuvre pour “jouer la montre” et retarder l’acceptation et qui s'attira la réplique humoristique du cardinal George : « L’USCCB pourrait donc poursuivre la Congrégation [pour le culte divin] devant la Signature apostolique », ce qui provoqua un éclat de rire général. La motion de Trautman fut repoussée par 166 voix contre 46. Celle du cardinal George, proposant de transmettre à Rome pour « recognitio » les nouvelles traductions adoptées (toutes à une très grosse majorité), fut approuvée par 194 voix contre 20 (soit 88 % des évêques diocésains américains, les auxiliaires étaient exclus du vote, et alors que 66 % des voix eussent été suffisantes pour emporter le vote).



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Mardi 27 octobre 2 27 /10 /Oct 18:00

Dans son édition du 4 avril 2007, L’Osservatore Romano en avait un peu… prématurément annoncé le décès. Le quotidien dirigé, comme on le constate, par une équipe de grands “professionnels”, avait tout simplement confondu Donald W. Trautmann (photo), évêque bien vivant d’Erie (Pennsylvanie), avec son prédécesseur, évêque émérite, vraiment décédé deux jours plus tôt… Il n’empêche que, liturgiquement parlant, la vie de Mgr Trautmann semble s’être arrêtée dans les années 1970 lors de la mise en application, à bien des égards désastreuse, de la réforme liturgique.
L’épiscopat américain vient enfin, après bien des années de laborieux travaux de la Commission internationale sur l’anglais dans la liturgie (ICEL) et sous la pression du dicastère romain chargé du culte divin et de la discipline des sacrements, de se doter d’une traduction anglaise du Missel de Paul VI, plus conforme à l’édition typique romaine, et qui devrait être adoptée par l’assemblée plénière d’automne des évêques américains qui se tiendra du 16 au 19 novembre à Baltimore (Maryland).
Les bonnes manières exigeraient donc que les évêques américains s’abstiennent de tout commentaire avant le vote prochain, chacun pouvant ensuite, dès lors, que la traduction sera acceptée ou refusée au quorum des deux tiers, faire les commentaires qui lui sembleront appropriés.
Ce n’est pas l’état d’esprit de l’évêque d’Erie, ancien président du comité épiscopal sur la liturgie (heureusement rebaptisé après son départ : comité épiscopal pour le culte divin, savourez la nuance…), qui, le 22 octobre dernier, dans une conférence donnée à la Catholic University of America (Washington, D.C.) a sévèrement critiqué la « servilité littéraliste » de la traduction anglaise du Missale Romanum
L’épiscope y a déclaré : « La grande majorité du peuple de Dieu réuni n’est pas familiarisée à des mots du nouveau missel comme “ineffable”, “consubstantiel”, “incarné”, “inviolé”, “oblation”, “ignominie”, “précurseur”, “effusion” et “invaincu”. Le vocabulaire n’est pas facilement compréhensible par le catholique moyen. »
Mgr Trautmann reconnaît donc l’effondrement culturel et l’incompréhension lexicale qui sont les conséquences tangibles de l’application de la réforme liturgique aux États-Unis – et auquel il a donné la main compte-tenu de ses fonctions –, puisque des concepts et des expressions compréhensibles par tous pendant des siècles sont devenus si obscurs qu’aucun « catholique moyen » n’est capable d’en saisir le sens… Bel aveu pour l’ancien patron de la liturgie de la conférence épiscopale !
Il poursuit, avec cette mauvaise foi dont l’expression est assez familière à nos oreilles françaises depuis quarante ans : « La constitution [de Vatican II] sur la Liturgie sacrée a préconisé l’usage de la langue vernaculaire, pas d’un langage sacré » : c’est évidemment tout le contraire qui est contenu dans cette constitution ! « Jésus a-t-il jamais parlé aux gens de son époque avec des mots au-delà de leur compréhension ? Jésus a-t-il jamais utilisé des termes ou des expressions au-delà de la compréhension de ses auditeurs ? » C’est évidemment faux : bien des paroles du Seigneur passèrent par-dessus la tête de ses propres apôtres, pour ne pas parler des israélites ordinaires de son temps : cet avilissement de l’intelligence, ce mépris envers les plus pauvres en esprit supposés être incapable de saisir une expression aussi simple, profonde, quoi que mystérieuse, comme “consubstantiel”, n’est pas digne d’un évêque supposé détenir un munus docendi. Mgr Trautmann prend ses auditeurs pour des imbéciles, à moins qu'il ne cherche à s'auto-justifier. On n’argumentera pas davantage devant une telle mauvaise foi, et une telle obstination à refuser les instructions romaines sur la Sainte Liturgie. Mais tout cela n’est pas trop grave en vérité : Mgr Trautmann est mort dans les années 1970. Mais il ne le sait pas.
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Mercredi 16 septembre 3 16 /09 /Sep 08:00

Il était temps ! L’éditeur des documents liturgiques et catéchétiques pour l’archidiocèse de Chicago, Liturgy Training Publications, vient enfin de présenter ses excuses pour un nouveau scandale qui a suivi celui des obsèques catholiques (j’allai écrire “cathodiques”) du sénateur Edward Kennedy à Boston.
Cet éditeur, associé étroitement à l’archidiocèse de Chicago dont l’ordinaire, le cardinal Francis George, est aussi le président de la Conférence épiscopale américaine, avait cru pouvoir diffuser l’intention de prière suivante pour être utilisée lors de la prière universelle du dimanche dans les paroisses de Chicago : « Pour ceux qui ont offert leur vie au service de leur pays, en promouvant les valeurs de paix, de justice, d’égalité et de liberté, comme le sénateur Edward M. Kennedy, afin qu’il puisse trouver sa récompense éternelle dans les bras de Dieu, Prions le Seigneur ».
Les catholiques pro-vie ont immédiatement réagi à ce scandale. Pour l’un des plus célèbres aux États-Unis le Père John Malloy, prêtre et grand blogueur devant l’éternel, le sénateur Kennedy « n’a assurément pas promu la liberté des enfants à naître, ni leur égalité ni la justice [qu’on leur doit] ».
Le directeur de Liturgy Training Publications, John A. Thomas, a écrit au Père Malloy et à d’autres protestataires pour leur présenter ses excuses pour le « très piètre usage des mots » de cette prière. Il a tenté d’expliquer que cette prière avait été adaptée de celle qu’on suggère pour l’entrée en fonction d’un personnage public, et reconnaît que c’était là un « piètre choix » puisque cette dernière prière s’entend pour l’activité future d’un homme politique, par exemple, et non pour juger « de la qualité de la vie d’une personne ». Admettant que les rédacteurs n’avaient absolument pas l’intention de défendre les positions pro-mort du sénateur Kennedy, John A. Thomas déclare : « Je présente mes excuses pour notre faute de jugement et le piètre choix des mots utilisés dans cette prière. Et je prie pour que nous agissions mieux à l’avenir ». Cela ne sera pas en effet très difficile…



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